Tradition oblige, les «Crêtes Littorales» ouvrent le bal des randonnées à la journée, toujours aux environs de La Chandeleur… D’où le titre de ce récit !
La météo annonçait une superbe journée ensoleillée, sans vent… Mais avec une remarquable amplitude des températures !
Ces prévisions s’avèreront des plus exactes et un peloton complètement gelé, fort d’une «grosse» vingtaine d’éléments – Denis nous détaillera la feuille de présence ! – envahira la terrasse de notre «QG» Cugeois… En regrettant qu’elle ne soit pas ensoleillée ! Louis et moi nous installerons à l’intérieur, assumant parfaitement les allégations de «vieux», proférées par quelques camarades !
À peine réchauffé par le café, gentiment offert par Thierry – bon anniversaire ! – les premiers «aiguillages» s’opèrent mais la grande majorité du peloton profite du soleil qui va bientôt inonder les pentes, somme toute peu inclinées, du Camp, quand la pinède le permet, bien sûr. Sont-ce les vues sur la plaine de Cuges, qui porte encore les stigmates de ses frimas nocturnes, ou celles sur la chaîne puissante de la Ste BAUME, fermant le nord, qui annulent les velléités de démarrage ? Je ne le crois pas, pensant plutôt que les «juges de paix» de la fin de parcours modèrent les ardeurs des cyclos et un peloton bien sage se regroupe en haut du camp.
Nous perdrons encore quelques éléments, dont notre Commandant de Route, retenu par je ne sais quelle agape…
Après quelque fraîcheur sur le plateau bien boisé du CAMP, la descente vers le BEAUSSET nous réconcilie avec le soleil et les vues sur la grande Bleue, du site si caractéristique de la Ciotat aux EMBIEZ.
Le regroupement s’opère à notre station essence familière et le peloton sera mené à allure assez vive par quelques uns d’entre nous qui dédaigneront les petites routes et les beaux villages perchés, comme CASTELLET ou La CADIERE… Malgré tout, nous quitterons tout de même ces départementales, un peu chargées si elles serpentent magnifiquement à travers les cépages du «BANDOL», pour nous nous régaler sur une toute petite artère au milieu des vignes, avant «d’atterrir» au centre de St Cyr.
Malgré l’heure avancée, la station balnéaire des LECQUES sonne l’heure des commissions… Denis y achètera même un tire-bouchons pour ouvrir les indispensables dives !
Sur les bancs de la promenade ou squattant les escaliers menant à la plage, tout le monde appréciera l’indicible bonheur qui émane de ce lieu, l’hiver, loin de l’immense foule de l’été, et profitera d’un soleil bien chaud, de la grève totale d’Eole et se laissera bercer par les trois rouleaux d’une petite houle, chevauchés par quelques véliplanchistes en mal de vent. Du Bec de l’Aigle au port de la madrague, nous ne pouvons nous lasser du spectacle offert par cette superbe baie de la Ciotat.
Après le café, le peloton roule à vive allure… Et je regrette que l’on «snobe» les habituels petits chemins goudronnés du bord de mer pour «tracer» sur la grand’route ! Bon, peut-être ne faut-il point rajouter de dénivelé «superflu» ?
Nous évitons totalement le centre de la Ciotat, pourtant si pittoresque, et le peloton se «dégraisse» encore un peu au carrefour fatidique. Dans les faux plats et petites montées des faubourgs ciotadins, je trouve l’allure bien vive et préfère m’économiser, content d’avoir sorti la «randonneuse» du garage et roulant ainsi en tenue assez légère pour la saison… Tout dans le sac, rien dans les poches !
Lors d’un virage sec à droite, le macadam se transforme en véritable mur, les dents passent à gauche comme un seul homme et l’heure de vérité vient de sonner ! Après la terrible «rampe d’architecte» qui nous sort des lotissements, la route attaque sauvagement la colline, assez pelée, en nous octroyant quand même quelques virages… Alors que le peloton s’étire assez longuement, se désagrège, plutôt, les magnifiques vues sur le Port de La Ciotat, sa baie et la farandole de collines provençales, alentour, raviront les cyclos par cette journée divine, à présent bien chaude.
Bien sûr, cette montée est rude mais tout le monde se retrouve devant le fabuleux paysage des îles marseillaises, heureux de cette journée «cadeau» même s’il a fallu commencé par endurer le froid. 15 cyclos, dont une féminine, composeront la photo du jour… Soit deux de plus que l’an dernier, toujours selon les dires du Responsable de la Feuille de Présence !
Le reste de la route des crêtes n’est qu’un enchantement, tantôt contemplant la Grande Bleue, aux tons outremer, ou embrassant nos chères collines. Dans la descente vers Cassis, Denis a «ramené» une sympathique cyclote anglaise, très impressionnée par la déclivité gigantesque de la route – un panneau indique 30 % mais cela paraît exagéré à beaucoup d’entre nous !
La route du Pas de Bellefille puis celle du Four à Chaux marquent les dernières séparations et nous rentrons à six par la Gineste, baignée par un soleil toujours aussi généreux, et délaissée, elle aussi, par Eole… Qui s’en plaindrait ?
Comme d’habitude, je me ferai larguer dans la descente mais quelle importance, après cette magnifique journée de vélo et d’amitié ? Si la route des Crêtes ne m’est pas inconnue, c’est la première fois que j’effectue cette sortie, officielle et traditionnelle. J’avoue qu’elle m’a totalement emballé, surtout par les conditions optimales du jour, mais j’espère que, d’aventure, le peloton flânera un peu plus sur les petites routes, très abondantes dans le secteur !
Tempête sur les Crêtes Les crêtes littorales