En ce premier jeudi de Printemps 26 mars 2020, la température était encore un peu fraîche au rendez vous de Saint Menet, où nos cyclos irréductibles avaient bravé les interdits malgré le confinement imposé pour éradiquer et vaincre l’invisible mais ravageuse « bébête ».
Le départ, donné à 10h00 sonnantes de Privilège (sic* Jipi ) nous a permis de dérouiller nos articulations, laissées quelques temps au repos, pour rejoindre Moulin de Redon, afin de récupérer le reste de la troupe et pour certain l’occasion d’effectuer un arrêt technique au bloc sanitaire de la place municipale pour éventuellement, déposer ou prendre,,,, du liquide.
Malgré les buissons en fleurs et les platanes bourgeonnants, l’ambiance était tristounette, car en guise de bisous ou d’accolades, seul un coup de coude amical et à distance réglementaire permettait de nous saluer réciproquement.
Même le piaillement et les cris stridents des élèves dans la cour de récréation qui nous encourageaient lors de notre passage, ne résonnaient plus, pour briser le silence inhabituel de ce petit village.
La traversée de Saint Zach puis la montée de la Sambuc n’aura jamais été aussi sereine tant le passage des voitures ou des camions se faisait à allure modérée dans un espacement considérable, nous permettant de cheminer en totale sécurité.
Arrivés au cœur de Nans, nous déposons nos montures ça et là, contre les barrières ou les énormes platanes et entrons dans la boulangerie, seul commerce du village ouvert en ces circonstances particulières.
Au passage du groupe bleu, tel une nuée de sauterelles dans un champ de blés murs, l’étal des sandwichs de l’établissement s’est retrouvé , copie conforme, à l’image des rayons de pâtes et de PQ d’Auchan, ou de Carrefour dès l’annonce faite par la presse pour le confinement général, complètement rasé.
Hélas, pour partager cette pause méridienne habituellement très conviviale, point de bistrot ou de troquet ouvert, point de table aux terrasses vides, c’est donc sur les bancs de la belle promenade, orpheline de la foule colorée habituelle que la croûte fût cassée, arrosée sobrement bien entendu et c’est à souligner, avec l’eau de nos gourdes fraîchement remplies à l’entrée du village.
Malgré la distance respectée entre les convives sur les bancs ensoleillés de cette place triste et déserte, quelques paroles furent échangées, sans que le ton ni les décibels ne brisent la quiétude de l’allée, situation vraiment exceptionnelle pour un jeudi.
Vélos enfourchés et casques sur la tête, la lecture de la température clémente relevée sur la croix verte de la pharmacie fît l’unanimité pour que l’ensemble choisisse de continuer par la Sainte Baume histoire d’allonger agréablement la balade.
L’ascension s’est faite groupée mais dès les premiers virages l’étirement naturel a permis aux moins rapides d’admirer paisiblement les couleurs printanières de la garrigue et de humer le doux parfum des différentes fleurs irisées, perçant au travers de l’épais tapis de verdure.
Le plein des bidons effectué à la fontaine du plan d’Aups, nous nous élançons dans la longue descente sinueuse qui mène à Auriol propice aux funambules et aux virtuoses des enfilades, permettant une relance ludique et grisante à souhait.
Arrivés au rond point d’Auriol, retour au calme dans un regroupement général pour la séparation habituelle selon nos chemins de retour respectifs.
Tout à coup un son musical me fait sursauter, la sonnerie de mon mobile...
J’ouvre les yeux, et me retrouve sous la couette dans mon lit, il est 9 heures du matin.
Cette sortie d’un jeudi traditionnel n’avait été qu’un rêve éveillé.
Un rêve occasionné peut-être par la lecture attentionnée de tous vos différents mails soulignant que les sorties hebdomadaires à vélo nous manquaient sérieusement.
Aussi, comme à toute chose malheur est bon, cela m’aura donné l’occasion, pour pallier ce cloisonnement, de rassembler ainsi mes rêveuses pensées afin d’alimenter, en ces moments de disette, notre cher blog et d’avoir vécu, en votre agréable compagnie, cette évasion virtuelle d’un Jeudi imaginaire sur ces belles routes de Provence qui, je le souhaite sincèrement, se concrétisera rapidement dès la fin de ce confinement.
Amitiés sportives
Jo
PS : participants : tous les adhérents
Photos : le flash n’a pas fonctionné dans la nuit, images sous exposées