Errare humanum est…
Et on va essayer de ne pas persévérer !
Samedi 12 octobre, nous n’en sommes pas encore en ce point du récit lorsque, au rond-point de Gémenos, les cloches sonnent huit heures pour accueillir le «train Jipi», 100% écolo, qui arrive à l’heure en «gare» pour attaquer le dernier GRDV de la saison, la montée du Coudon, l’un des trois monts qui surveillent la rade de Toulon. Les autres compartiments, motorisés, voient leurs passagers et leur passagère déballer leurs précieuses marchandises ! Nous ne sommes que sept, pour l’instant, à tenter l’aventure. C’est bien peu. On peut le regretter mais, en ce moment, les longues sorties n’attirent pas les foules... il nous faudra les remotiver !
Les autres wagons attendus ne seront finalement pas accrochés… mais l’imprévisible René nous rejoindra au vol, comme il en a l’habitude ! Il fait plutôt frais et la météo n’est pas des plus optimistes… nous verrons bien ! Le vent d’est nous gêne un peu, mais pas trop. La circulation ne s’avère pas des plus intenses, à cette heure-ci, dans les montées du Col de l’Ange et du Camp. Temps décidément bien couvert, de plus en plus humide, et la descente mouillée vers Signes montre qu’il a plu, ici. Café à Signes dans la chaleur du troquet… et 8 cyclos gelés à la sortie ; phénomène ô combien classique ! Les quelques fines gouttes qui commencent à tomber ne vont pas nous réchauffer, bien au contraire… et d’enfiler nos impers ! La descente de la Vallée du Gapeau est toujours un régal, même sous cette bruine légère. Personne ne se plaint de la fraîcheur et tout le monde roule bien, la chaussée demeurant toujours bien sèche.
Regroupement général vers Solliès-Pont. Petite pluie terminée, k-ways rangés, ciel bien couvert. Les grandes artères très voiturées ne vont pas représenter la partie la plus agréable du parcours… et les cyclos languissent un peu les petites routes sympathiques !
Ça y est, tourne à droite pour nous glisser entre Faron et Coudon. La circulation devient déjà plus acceptable, la chaussée de plus en plus pentue… et le premier carrefour stratégique d’arriver. Tout le monde se prépare différemment pour affronter le plat de résistance de la sortie, démarre évidemment en ordre dispersé, Jipi en bon dernier, comme d’habitude… ce qui aura, aujourd’hui, une incidence capitale ! En effet, la montée du Coudon commence bizarrement sur une route large, impeccablement asphaltée et au trafic assez important. Ce que nous ignorons, c’est qu’une carrière, plus haut, a fait venir à elle cette belle artère, laissant au bout d’un gros kilomètre la petite chaussée du Coudon attaquer le massif pour le plaisir des cyclos. Pour couronner le tout, la pancarte directionnelle a été arrachée… et aucun d’entre nous n’empruntera la bonne voie de prime abord, d’où le titre de cet article !
Et le facteur de sauver Jipi ! En effet, dernier du groupe, il sera le premier à être rattrapé par la postale voiture. Vite renseigné, il n’aura que 500 mètres à redescendre pour attaquer la montée du jour. Les autres vont grimper entre 2 et 5 kms supplémentaires avant de revenir ! Ça il ne le sait pas, le Jipi, qui peste contre la manie du peloton de ne point attendre aux carrefours ! Et il grimpe, plutôt bien, se régale sur cette petite artère, quasiment déserte, en appréciant les vues sur la Rade de Toulon et le Faron, même sous ce ciel bien couvert, et la température idéale pour ne point souffrir de la chaleur ! Au bout de plusieurs kilomètres, il s’étonne de ne pas remonter les derniers… et ce sera ainsi jusqu’en haut car, bien sûr, devant le Fort Lieutenant Girardon (tombé en août 1944), il n’y a personne ! Grâce au téléphone, la stratégie la plus rationnelle va se mettre en place : après quelque contemplation et petit repos, j’attaque tranquillement la descente, de manière à ne pas ajouter une nouvelle perte de temps car l’heure a beaucoup tourné, évidemment !
Je salue un groupe de joyeux drilles qui semblent déguster un sacré apéro à la fin de la partie autorisée aux véhicules, savoure les vues sur ce site merveilleux, même sous ces couleurs ternes, croise tous mes camarades, très espacés les uns des autres, Nadine bien derrière… mais elle ira jusqu’en haut, notre seule représentante féminine du jour ; rien n’arrêtera notre cyclote au pédalage facile, gracile !
Le peloton se reformera en bas, une longue descente puis une courte remontée le verront arriver à son QG des quartiers ouest de Toulon à 13 H 30 ! Il fait faim ! Et soif ! Dans ce restau archiplein, le service sera un peu long mais, dans une belle ambiance, les chaudières vont être à bloc et les niveaux au top… Et le départ de s’opérer vers 15 heures ! Et Jipi de se demander s’il ne va pas rallumer l’éclairage, ce soir, mais Noël a eu la gentillesse d’emporter le porte-vélos pour le secourir, au cas où… ça le rassure, merci l’ami !
Cette fois-ci en plein soleil nous attaquons le très joli col du Corps de Garde, entre le Mont Caume et le Baou de Quatro Ouro. Belle luminosité, peu de véhicules, que demander de mieux ? Le repas semble un peu lourd pour certains, Patrick manque un peu de kilomètres mais quelle importance : on n’est pas bien, là ? Le Broussan, la petite route au-dessus des austères Gorges du Destel, le Château d’Evenos, la descente sous les Grès de Ste Anne, les petites routes pour arriver au Beausset : que du bonheur !
Vent d’est bien calé dans notre dos, la remontée du Beausset deviendra formalité ! Mais l’heure a de nouveau fortement avancé. Je décide de rentrer au plus court, c'est-à-dire par Cuges et non par le Gd Caunet comme prévu. Tous les autres feront de même. Paulo éclate un pneu juste après l’arrêt traditionnel devant le Circuit Paul Ricard. Heureusement, il en possède un dans son sac à dos. A ce moment-là, je décide de rentrer seul, Éole toujours en bon allié, jusqu’à mon domicile où j’arrive à 18 H 30, finalement pas si tard que ça ! 170 kms au compteur, le plus gros score de l’année, je peux tranquillement envisager la reprise des petites sorties automnales puis hivernales ! Les autres retrouveront leurs voitures à Gémenos et tout le monde sera, je pense, heureux d’avoir vécu ensemble ces aventures pittoresques de la dernière sortie à la journée du calendrier 2018-2019, qui comportait tout de même 130 kms et 1 800 ou 1 900 mètres de dénivelée positive. La saison 2019 s’achève, vive la 2020 !
Photos de Paulo
«Les huit» : Nadine, Noël, Denis, René, Jacques M., Patrick P., Paulo et Jipi.
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