La première de Michel…
En effet, Michel GU. n’avait jamais participé à la «Randonnée des Anges» qui figure régulièrement dans notre programme depuis 2011. Aujourd’hui, samedi 25 juillet, il était donc ravi de rejoindre 4 autres joyeux drilles au Col de l’Ange, point de départ officiel. Nous pouvons déplorer la baisse des effectifs mais la chaleur, pourtant modérée aujourd’hui par un mistral qui va fortement monter en puissance s’il ne se sent guère au départ – certes, il soufflera dans notre dos ! – les congés, l’étape reine de l’Alpe d’Huez au Tour de France – n’oublions pas qu’il y a de «vrais» sportifs dans la section ! – peuvent aisément expliquer la réduction de notre peloton à simple «quintet».
Avec un tout petit retard sur l’horaire prévu, nous nous élançons vers Cuges, le Camp puis Signes, à allure assez vive grâce au vent favorable. Tout le monde s’entend bien, nous restons bien groupés, sur la route comme au café, à Signes. Sous un ciel bien dégagé et par une température point suffocante, la bosse de Méounes se fait à peine sentir – bon, j’entends déjà quelques dents grincer ! Le plein des bidons à la fontaine de Méounes engendrera bien sûr quelques palabres avec la population locale, des touristes et des cyclos.
Ensuite, toujours soutenus par Éole, nous parcourons une partie de l’itinéraire de Carcès, sous la verte montagne de la Loube et à travers la resplendissante vallée de l’Issole qui étale vignes et cultures tout autour de ses magnifiques villages.
Denis s’engage dans une petite route avec une sûreté dont d’aucuns paraissent sceptiques mais il aura raison, le bougre ! Cette très jolie artère nous verra prendre la maintenant traditionnelle photo de groupe sur un vieux pont de pierre puis le dit groupe se déhancher sur des raidards sévères mais joliment boisés.
Nous atteignons Pignans par une route plus bosselée que le D13 du parcours officiel et cherchons de l’eau dans ce joli bourg varois. Point d’eau potable ici, nous en prendrons plus haut. Après deux erreurs, la superbe montée boisée vers Notre-Dame des Anges va nous charmer de ses pins, de ses châtaigniers et de ses vues magnifiques sur Pignans et les massifs qui la dominent au nord. Tout le monde la grimpera à son allure et l’eau si fraîche de la fontaine, peu avant le sommet, comblera d’aise tous les gosiers si la chaleur ne se fait pas trop sentir sous la sylve, d’autant plus que nous bénéficions assez souvent d’un vent favorable.
L’arrivée à Notre-Dame des Anges, point culminant des Maures (771 m selon la table d’orientation ou 780 m d’après l’inscription à l’entrée du Cloître) constitue toujours un bonheur pour le cyclo qui, après ses efforts librement consentis, contemple le panorama extraordinaire sur la mer et le massif si boisé des Maures, apprécie le cadre bucolique de céans avec ses gigantesques cèdres en face du sanctuaire qui trouve ses origines dans les premières heures du christianisme et qui est toujours habité aujourd’hui. D’ailleurs, à chaque montée, nous trouvons des bénévoles qui nettoient le cloître si pittoresque. L’antenne gigantesque des Télécoms jure un peu mais il faut bien que les messages passent !
Après un bon moment consacré à cette chouette visite, je choisis de démarrer en solo, tout le monde connaissant mes «qualités» de descendeur et ceux qui ont déjà réalisé ce parcours comprendront encore mieux que je prenne les devants ! En effet, si la balade sous les châtaigniers et les vues sur un univers de verdure impressionnant devraient charmer les cyclos, la chaussée est en bien trop mauvais état pour que l’on puisse la quitter des yeux un seul instant… Et des freins, même pas je vous en parle ! Je pense qu’il faudra revoir l’itinéraire pour les prochaines éditions et s’offrir un petit crochet par le Col des Fourches pour retrouver bien plus vite une route digne de ce nom.
Surprise du chef : personne ne m’a rejoint à Collobrières, où j’arrive vers treize heures. Une crevaison de Michel expliquera ce phénomène plutôt cocasse ! Denis a retenu un restaurant sur la place de la mairie où sous les parasols nous passerons une excellente pause méridienne, à condition de tout caler car le mistral souffle copieusement, à présent. D’ailleurs, même un parasol s’envolera ! Repas agréable, patrons super sympathiques, glace marrons – cognac, qu’il ne faut à mon avis rater sous aucun prétexte, feront justement ressembler cette pause méridienne à une troisième mi-temps décalée puisque placée entre les deux véritables mi-temps !
Et la deuxième mi-temps sera coriace puisque placée sous l’égide d’un violent vent de face ; Jipi lâché, bien sûr, mais il ne sera pas le seul à souffrir ! Nous apprécierons tout de même grandement ce magnifique cadre composé de vignobles, chênes-lièges encore en exploitation, cultures diverses et massifs boisés.
Comme dans d’autres éditions, nous allons un peu «bouder» l’itinéraire officiel au charroi trop important pour traverser la jolie bourgade de Puget-Ville, entourée de vignes, puis nous attaquer à la longue (6 kms) et douce – là encore j’entends des dents qui grincent ! – montée vers Rocbaron à travers un joli massif boisé. Après un court tronçon de nationale, des routes encore tranquilles et bucoliques nous emmènent à Néoules, «fief» de l’ami Bernard, aujourd’hui absent. Dans ce parcours, le vent nous gênera moins.
La fontaine de Méounes nous retrouve pour de longues ablutions. Certes, le vent a rendu supportable la chaleur mais ne l’a pas annihilée… Alors, à chacun sa méthode ! Après les bosses de Méounes puis de Signes, le vent nous reprendra de nouveau sur le plateau du Camp et surtout en haut de la descente vers Cuges où j’éprouverai même quelques frayeurs !
Vers 19 h 15, cette nouvelle aventure s’achève. Tout le monde est enchanté de cette si belle balade et de ces si bons moments vécus ensemble, certains sont fatigués et quelques-uns ont trouvé le temps un peu long : plus d’onze heures et demie au total pour un pédalage allant de 7 H 25 à 8 H 00 selon les compteurs ! Je pense qu’il y a là matière à réfléchir. Sinon, un très bon cru que cette édition 2015, notamment le rosé !
Les cinq protagonistes : Michel, Jean-Pierre, Denis, Paulo et Jipi.
Mes chiffres : 158 kms, 7 H 47, 20.2 km/h. Denis a trouvé un dénivelé de 2 100 m.



