Aujourd’hui, samedi 2 août, notre calendrier nous proposait la deuxième édition des «Trois Vallées» (Durance – Méouge – Jabron), cette fois-ci au départ de Volonne, de manière à pouvoir boire le café avant de rouler. Créée l’an dernier par Jean Y., cette première connut un franc succès avec 13 participants, malgré la grande transhumance entre juilletistes et aoûtiens. Cette année, en ce samedi identique à part la date qui a reculé d’un jour, les «risques d’orages, averses orageuses ou orages», annoncés par diverses météos ont décimé les troupes et seuls trois téméraires, Jean-Louis J., Jipi et bien sûr Jean Y., notre «Gentil Organisateur» se sont présentés sur le parking de la poste, à Volonne. Jipi frissonne - pas de froid ! – car il a régulièrement passé des vacances ici ou dans le village voisin de Sourribes pendant une trentaine d’années. D’ailleurs, il fut bien surpris de voir les allures de «Golden Gate Bridge» qu’a pris le nouveau pont sur la Durance !
Petit-déjeuner et café tranquillement savourés, plein d’eau effectué à la belle fontaine-lavoir qui arbore fièrement une fresque à la mémoire de la Route Napoléon, huit heures sonnent lorsque nous grimpons sur nos machines pour cycler gentiment sur la petite route de la rive gauche de la Durance, bien moins chargée que sa nationale homologue de la rive droite, surtout en ce jour de chassé-croisé.
Je vais essayer de ne pas trop décrire les magnifiques paysages que nous allons rencontrer tout au long de cette superbe randonnée car Denis l’a très bien fait l’an dernier. Au fait, pourquoi ai-je parlé de Mousquetaires dans mon titre ?
Tout simplement parce que, comme eux, nous allons bientôt nous retrouver à quatre… De plus, le bleu et blanc ne dépareille pas avec eux !
Le Plateau du Plan, à l’embranchement de Sourribes, le Pont sur le Vançon, la Côte des Bormies, le Plateau de Salignac et la fabuleuse arrivée en vue de la Citadelle de Sisteron vont me rappeler d’innombrables souvenirs. La suite m’est moins connue et nous nous régalerons sur des plateaux verdoyants au-dessus de la vallée avant de descendre au pied de Valernes, joli village perché que nous devrons bien sûr escalader !
Tiens, voici D’Artagnan, en l’occurrence l’ami Jean-Claude ACHARD, venu en voisin de Mison ! A partir de là, par de toutes petites routes, quasiment dénuées de tout véhicule motorisé, nous passerons Vaumeilh, franchirons le Col de Grêle (728 m), admirerons le fantastique point de vue de Sigoyer (838 m), surmonté de son château ruiné, resterons en hauteur jusqu’à Melve (833 m), encore un village où il fait si bon vivre, avant de descendre en bons lacets vers la Durance. Jean et moi-même verrons un lièvre ou un lapin traverser le macadam devant nos roues, puis un autre, un virage plus bas… Après tout, c’était peut-être le même ! Claret domine encore un peu la vallée alors que Monêtier-Allemont marque notre arrivée au bord de la Durance. Arrêt à la fontaine vantée par Denis…
Les nuages du matin, qui nous ont occasionné quelque fraîcheur au départ et semé quelques doutes sur le temps, ont quasiment disparu s’ils bourgeonnent gravement sur quelques massifs. Un franc soleil nous régale de couleurs sublimes et nous laisse entrevoir, peut-être, un jour sans pluie… L’artère plus grande qui rallie Laragne ne semble pas trop encombrée et de jolis passages boisés, sous le village perché de Ventavon, ne nous font nullement languir notre arrivée dans cette bourgade importante, à la circulation assez dense aujourd’hui. Nous nous en échapperons très vite pour remonter les magnifiques gorges de la Méouge, calcaires, dont le niveau est si bas que les eaux semblent peiner à se faufiler entre de nombreux et imposants rochers. Touristes et vacanciers s’y rafraîchissent. Défilé rocheux, pont romain, passerelle : que du bonheur à pédaler céans !
Barret-sur-Méouge nous accueille un peu avant midi sur la même terrasse ombragée qu’en 2013… Bien sûr, notre tablée passera plus inaperçue avec ses trois convives (l’ami Achard déjeunant prés de la fontaine avec son repas tiré du sac) mais la chère sera bonne et tout le monde terminera joyeusement la remontée de cette vallée splendide, même avec un peu de vent contraire à la fin. De gros nuages gris, noirs, se forment mais ne daigneront pas nous atteindre et nous roulerons toujours sous un ciel bien bleu ! Séderon (795 m) étend en grimpant ses rues avenantes puis le Col de la Pigière (968 m et point culminant de la sortie) se gravira assez facilement malgré un final un peu plus relevé. Une famille gapençaise, composée d’un couple et d’une gamine qui roule fort bien, s’y repose avant de dévaler avec nous la très longue vallée du Jabron avec ses villages qui fleurent bon le temps jadis, au pied de la fabuleuse barrière de la Montagne de Lure.
Les nuages qui tournent me font préférer rouler plutôt que de marquer une pause rafraîchissement. Mes camarades acquiescent et nous saluerons l’ami Jean-Claude qui remonte vers Sisteron avec les Gapençais. Une fois la Durance retrouvée, nous remontons sur le plateau de Salignac avant de nous laisser glisser vers Volonne sans que la moindre goutte n’ait humidifié nos échines ! Dommage que quelques-uns d’entre nous aient joué aux «poules mouillées» alors que les téméraires sont rentrés secs et ravis de cette somptueuse sortie de 142 kms (d’après la carte Michelin) et 1470 m de dénivelé!
Bien sûr, la BBF sera de rigueur avant un retour vers nos pénates qui s’effectuera sans le moindre bouchon. A Marseille, quelques gouttes sur le pare-brise nous feront tout de même remarquer que nous l’avons échappé belle… La fortune ne sourit-elle pas aux audacieux ?
3/8/20013 : Enfin une innovation