De La Ste-Baume à la Gineste
Sortie dans les Alpilles du 12 avril. Photo de Louis G.
Ayant effectué avec Claude ce tour à la mi-janvier, le l’avais nommé «Tour de La Ste-Baume et de Carpiagne». Si cette sortie entoure bien ces deux magnifiques massifs, je lui préfère cette nouvelle appellation, à mon avis bien plus sympathique…
Donc, cette nouveauté de notre calendrier voit se former, à St-Menet, un peloton très fourni et comportant la totalité de son effectif féminin, en ce samedi 19 avril, veille de Pâques, sous un mistral très vaillant mais qui, bien entendu, ne peut pour l’instant que le pousser. En plus du vent, la température a bien chuté et si d’aucuns restent jambes nues, pas mal d’affaires d’hiver sont ressorties des placards ou des armoires !
Grâce à Éole, tout le monde roule bon train et le Bar de la Pipe, à Gémenos, se pare de nos couleurs, 31 cyclos, selon les chiffres de Denis, dégustant le café gentiment offert par Serge R. pour son anniversaire. La montée de l’Espigoulier figurant au programme officiel, un très grand nombre d’entre nous se lancera à l’assaut de ce sommet mythique. Bien sûr, nous nous étirerons méchamment sur ses flancs. Bien sûr, les premiers n’attendront pas tout le monde. Je pense qu’il y a des cyclos que je n’ai pratiquement pas vus, aujourd’hui, et d’autres très peu… Enfin, ils n’empêcheront personne de se régaler en contemplant à main gauche les Crêtes de la Galère, et le Massif de Bertagne, de l’autre côté, qui resplendissent en ce printemps si verdoyant et grâce au mistral qui rend les couleurs encore plus éclatantes. Au col, personne ne pouvait tenir bien longtemps. Aussi, le regroupement s’opèrera à La Coutronne mais pas mal de soldats manqueront à l’appel…
À partir de là, la traversée intégrale du plateau de la Ste Baume, rutilant au possible et colorié d’une multitude de fleurs et autres végétaux, tiendra du bonheur. Le vent nous pousse toujours, en plus : laissons-nous faire ! Sous les chênes, la verdure appelle les familles à pique-niquer mais il est encore bien tôt. Nous nous contentons d’enregistrer ces images magnifiques. Après quelques bosses, la belle descente sur Mazaugues, au revêtement partiellement rénové, nous régale de ses vues sur les Alpes enneigées au-dessus de grandes dalles de lapiaz. Juste avant le village, la dernière séparation s’opère et les 19 participants de cette nouvelle aventure saluent leurs camarades qui rentrent au bercail. Mazaugues nous accueille de son bourg bien frais, même s’il ne fait toujours pas très chaud sous ce soleil pourtant généreux, puis une jolie côte boisée nous déverse dans un vallon vert et fleuri dont le ruisseau coule assez fort. L’avenante bourgade de La Roquebrussane s’abrite sous la solide Montagne de la Loube, reconnaissable de loin grâce à ses antennes, où il fait si bon randonner à pied. Le temps de quelques discussions pour décider où l’on va se restaurer nous permet d’apercevoir quelques-uns des «cyclosportifs» qui caracolent en tête. Signes ou Méounes ? Cette question n’a pas eu de réponse ferme mais un groupe partira devant et décidera d’aller déjeuner à Signes ; nous ne les reverrons plus. Dans la belle campagne aux mille coloris, Bernard nous quitte pour rejoindre Néoules alors que les neuf du «gruppetto» mènent tout de même bon train pour rallier Méounes.
Bien qu’il soit encore assez tôt, ils estiment la poursuite immédiate un peu hasardeuse quant à l’heure de la fermeture des commerces à Signes. Dès lors, ils prennent leur temps et déjeuneront, chacun à sa guise, sur la terrasse ensoleillée d’un troquet de la jolie place de ce bon village provençal. Après cet agréable intermède de bonne chère et de convivialité, la route reprendra ses droits par une bosse, boisée la plupart du temps. Le vent ne nous gêne toujours pas et la température demeure assez fraîche ; quelle différence avec les dernières sorties où nous suffoquions !
Après une belle descente, elle aussi sous la sylve dense, nous rejoignons le Gapeau puis traversons la verte cuvette de Signes. La bosse nous dépose sous le Siou-Blanc puis la traversée du plateau du Camp nous surprend car le vent ne nous gêne pas du tout. Il a bien baissé, comme prévu. Nous ne traînons donc pas sur cet immense espace forestier aux pelouses rutilantes et filons vers le Grand Caunet. Le vent se ressent même s’il ne nous ralentit pas et La Gineste, dernière difficulté du jour, introduit le doute dans les esprits des quelques candidats à son éventuelle ascension… Olivier, Jean-Marc et Yves descendent vers le Col de l’Ange alors que le reste de la troupe grimpe tranquillement la côte des Bastides, jetant un regard attendri sur la Ste-Baume gravie ce matin… Le ravitaillement en eau de Roquefort entérine la dernière séparation de la journée, Béatrice et Jipi décidant de boucler le parcours du jour et filant donc sur la Bédoule et Cassis. La descente est une pure merveille avec cette mer irisée et la couleur ocre des Falaises Soubeyrannes. Nous apprécions la tranquillité de ces routes par rapport au charroi d’Aubagne à Marseille. Enfin, le dernier obstacle se présente devant nos roues. La partie pentue, assez protégée du vent, passe très bien et nous régale des dernières vues sur la Grande Bleue. La ligne droite sera plus délicate à négocier car le vent contraire se fait bien sentir s’il n’est pas démoniaque. Nous nous entendons très bien pour ne point trop souffrir et la Gineste accueille deux cyclos ravis de cette belle journée et de ce nouveau tour, finalement pas trop dur. Sommes-nous les seuls à avoir accompli le Tour en sa totalité ? Nous n’en savons rien, du moins pour l’instant… La descente nous réserve quelques belles rafales et l’impressionnante Muraille de Chine marque notre retour dans la cité phocéenne.
En conclusion : un très beau tour de 140 kms au départ de Marseille, autour de deux de nos belles ascensions, et qui je pense aura eu le don de parfaire notre entraînement pour la suite de nos grands rendez-vous, notamment le voyage à Fayence de la semaine prochaine !
Les «9 de Méounes» : Béatrice, Anne, Denis, Noël, Gérard, Olivier, Jean-Marc, Yves et Jipi.
Ceux de Signes : Daniel F., Daniel M., Claudine, Jean-Louis J., Jacques S., Thierry P., Jean-Pierre BO., Sammy, René G. et Jimmy.
Mes chiffres - pour Denis ! – 138 kms, 6 H 40 et 20.8 de moyenne.




