Semaine itinérante, le retour !
Absente de nos calendriers ces deux dernières années, la semaine itinérante fait son grand retour avec le Tour de la Catalogne – certains diront «Tour des Deux Catalogne» mais pour moi il n’y en a qu’une !
Mercredi 11 septembre. Pour les 12 participants, le réveil sera très matinal et le départ de cette belle aventure sera donné aux alentours de 10 heures à Rivesaltes, en banlieue perpignanaise et renommée pour son vin doux.
En plus de nous barrer la route, la tramontane entretient une étonnante impression de fraîcheur sous une toile d’un bleu étincelant. Malgré une progression lente et pénible, nos têtes ravies contempleront le vignoble des Corbières avant que nos jambes en gravissent les premières bosses à travers des collines rocailleuses ou boisées. Tuchan où nous déjeunons, les gorges de Padern, Cucugnan et son fameux curé nous feront entrer en plein cœur dans le pays des châteaux cathares, rude et austère, minéral, comme le montre notre passage au pied la forteresse de Quéribus. Enfin, nous escaladerons le sauvage col de la Roquejalère (983 m) pour rejoindre Prades et la vallée de la Têt, au pied d’un Canigou bien bouché en cette fin d’après-midi. Un hôtel très confortable et un excellent et copieux souper permettront de requinquer des organismes quelque peu entamés par le vent ainsi que les bosses nombreuses et souvent pentues de cette première étape !
Jeudi 12 septembre. Un fantastique buffet ravit un peloton qui devra affronter la fraîcheur matinale d’un temps superbe et la dense circulation de la 116. La montée va vite lui faire oublier le froid tout en appréciant la forteresse Vauban de Villefranche-de-Conflent puis la jolie bourgade d’Olette. Ici, nous troquons fleuve et trafic intense contre une petite route superbe qui longe un torrent avant de s’élever en balcon au-dessus d’une vallée boisée, à travers un cadre des plus sauvages. Cette grimpée beaucoup plus franche nous fera traverser de somptueuses forêts de sapins avant de nous déposer, parmi vaches et chevaux, sur de rutilantes prairies menant au Col de la LLose (1 865 m) qui communique avec d’immenses plateaux au pied de la chaîne pyrénéenne. Après le pique-nique de La Llagone, au pied de l’église avec une vue superbe et bien abrités d’un vent qui a fortement refroidi l’atmosphère, nous ferons le tour d’un magnifique plateau enserrant le grand lac de barrage de Matemale. Au carrefour des Bouillouses, six courageux se lanceront dans l’ascension, «murale» dans ses 5 derniers kilomètres, vers cet autre lac de barrage à 2 014 m d’altitude, à travers une vallée magnifique où le torrent serpente à travers de grasses pelouses sous un décor minéral de toute beauté. Le groupe se reformera dans la très renommée et très chic station de Font-Romeu, au prix d’une dernière montée fastidieuse sur une grande route, trop large et trop rectiligne. Le grand hôtel retenu ravira tout le monde par ses chambres spacieuses et confortables ainsi que son repas, toujours excellent et copieux.
Vendredi 13 septembre. Superstitieux s’abstenir en ce vendredi 13… Et frileux aussi car à 1 750 m, ça caille à 8 plombes du mat ! Un peloton bien bâché va filer vers le célèbre four solaire d’Odeillo, traverser un joli plateau sous la teinte dorée du matin puis s’élancer dans la longue descente vers Prades, sur la 116 et son trafic intense. Nous descendrons la Têt jusqu’à Bouleternère où nous nous extirperons, enfin, du charroi monumental. Ensuite le peloton se régalera en grimpant doucement sur une petite route, en corniche au-dessus de gorges taillées dans les roches rougeâtres, sous une dense végétation méditerranéenne. Le repas aura lieu à Boule d’Amont, minuscule hameau niché dans les bois, autour d’une longue table qui sert aux activités festives de la commune, un pur bonheur ! La route continue sur un parcours boisé pour franchir les cols Fourtou et Xatard. Après une belle corniche boisée, nous dévalons vers la vallée de la Tech, l’autre fleuve du Roussillon.
Par un temps maintenant couvert, nous atteignons la charmante station d’Amélie-les Bains avant de remonter la Tech à travers de belles gorges, sauvages et minérales. Prats-de-Mollo nous offre son pittoresque village médiéval, très fortifié, pour notre étape. Nous visiterons cette bourgade très intéressante, dominée par une église fortifiée. Les moins fatigués monteront jusqu’au Fort Lagarde, avec ses canons pointés sur l’Espagne. Bière artisanale brassée ici et très bon souper concluront une nouvelle très belle journée de bicyclette, sans doute la plus facile du séjour.
Samedi 14 septembre. Après un petit-déjeuner plus classique mais tout de même consistant, la grimpée vers le Col frontière d’Ares (1 513 m.) démarre d’entrée, sous une superbe forêt de sapins, un ciel de carte postale et un froid assez vif qui sera vite chassé par l’intensité de l’effort ! Après la sylve, les vertes pâtures prennent le relais et le sommet nous présente un fabuleux alignement de crêtes des deux côtés. À présent en Espagne mais toujours en Catalogne, à travers un superbe et verdoyant paysage montagnard, nous dévalons vers Ripoll, bourgade typique avec ses monuments impressionnants, ses rues étroites et ses placettes propices à de nombreux marchés. Nous déjeunons de sandwiches dégustés sur les tables d’une boulangerie. Ensuite, d’autres cols nous voient retourner avec plaisir dans les vertes montagnes que nous apprécions tant. Nous atteindrons Anglès, en banlieue de Gerona, vers 16 heures. Le centre historique et pittoresque avec ses vieilles rues et sa solide église dominatrice a malheureusement été complètement englobé par le béton envahisseur.
Dimanche 15 septembre. Il a plu cette nuit et les chaussées sont encore mouillées ; les cyclos font un peu la moue ! Après un départ sur un asphalte bien asséché, une nouvelle rincée, heureusement de courte durée, ne va pas tarder à mouiller route et cyclos si le ciel demeurera chagrin tout le reste de la journée ! Par un itinéraire peu intéressant, nous atteignons la «Grande Grise» - désolé, aujourd’hui elle n’est pas bleue ! – à Lloret de Mar. Après cette jolie plage de sable occupant une petite anse, nous démarrons un parcours sportif à travers la fameuse Costa Brava. Montées et descentes se succèderont au-dessus d’une côte rocheuse et déchiquetée et de petites criques sublimes où il doit faire si bon se baigner.
Nous déjeunons à Tossa de Mar, station balnéaire assez cotée, sur la terrasse d’un bar en bord… d’un rond-point, au grand dam de certains ! Bah, n’y pensons plus et élevons-nous au-dessus de cette localité, qui occupe un très beau site entre deux caps, dont l’un possède une tour en son creux, puis du reste de la côte, toujours fabuleuse, escarpée, sauvage, fleurie et aux rochers rougeâtres d’une pure merveille. Après Sant Feliu et son impressionnant monastère, nous continuerons à longer la mer avant de gravir un petit col sur une ravissante route peu fréquentée. À Roses, autre station réputée de la Costa Brava, nous déposons valises et vélos à 18 heures dans un somptueux trois étoiles du front de mer où nous pourrons nous remettre d’une étape dépassant les 150 kilomètres.
Lundi 16 septembre. Le ciel nous sourit de nouveau pour notre dernière étape… Le petit-déjeuner aussi, les buffets du matin valant largement ceux du soir ! Le vert des arbres et du vignoble contraste avec le bleu de la mer pour nous aider à ne pas trop souffrir dans le premier col, à la sortie de la ville. La majorité du groupe se retrouve à boire le café sur la plage de la magnifique localité maritime de Cadaquès qui a su conserver son charme authentique grâce à Salvador Dali qui l’a défendue bec et ongles contre les promoteurs immobiliers. Quel régal de contempler mer et petits bateaux, maisons blanches si typiques et prodigieuse anse sous le Cap de Creus. Bon, il faut remonter, ce véritable paradis étant un cul-de-sac, se régaler de nouveau sur un parcours sportif, au bord de cette somptueuse Costa Brava, jusqu’à Port Bou où nous déjeunons à la fourchette sur la plage, appréciant ce dernier repas en commun. La rentrée en France s’avèrera elle aussi très sportive, la côte Vermeille prolongeant la Costa Brava. Montant et descendant, nous savourerons ce cadre lui aussi sauvage et rocheux, les terrasses étroites du vignoble des Collioure et des Banyuls descendant jusqu’à la mer. Après la magnifique Collioure nous atteindrons Argelès et sa plage immense avant de rejoindre Rivesaltes et nos véhicules à 17 heures, au bout de 40 bornes d’un plat heureusement venté aujourd’hui du bon côté !
Je peux dire que ces retrouvailles avec la semaine itinérante auront été un franc succès. Tout le monde rentre ravi de ces fabuleux paysages découverts, des efforts accomplis, des moments de convivialité passés ensemble et surtout en pleine forme, je pense prêt à «remettre le couvert» lorsque l’occasion se présentera ! Henri et Max auront effectué un véritable «pèlerinage» puisqu’ils ont fait partie de la première expédition en Catalogne, il y a 23 ans ; chapeau bas !
Un grand bravo et un grand merci à tous ceux qui ont contribué à l’organisation parfaite de ce magnifique voyage et ce n’est pas une mince affaire ! Notre prochaine revue devrait contenir un article détaillé de ces si belles aventures…
Les participants : Béatrice, Jacques S., Thierry P., Thierry A., Patrick G., Jean Y., Jean C., Max, Bernard, Henri, Jean-louis J. et Jipi.
itinéraire
| Jour | étape | KMS * | Dénivelé |
| Mercredi 11 septembre | Voyage aller / Rivesaltes - Prades | 106 | 2 000 |
| Jeudi 12 septembre | Prades – Font Romeu | 107 | 2 700 |
| Vendredi 13 septembre | Font Romeu – Prats de Mollo | 130 | 1 400 |
| Samedi 14 septembre | Prats de Mollo – Anglès (Espagne) | 123 | 1 500 |
| Dimanche 15 septembre | Anglès – Roses (Espagne) | 151 | 1 400 |
| Lveundi 16 septembre | Roses – Rivesaltes / Voyage retour | 124 | 1 400 |
| TOTAL | 731 | 10 400 | |
* : le kilométrage est celui relevé sur mon compteur
COLS
| Cols | Alt. | Dép. / pays | Cols | Alt. | Dép. / pays |
| Etape 1 (5 cols) | Etape 4 (8 cols) | ||||
| Col de l’Auzine | 335 m | 11 | Col de la Seille | 1 185 m | 66 |
| Col de Maury | 432 m | 11/66 | Col de la Guille | 1 194 m | 66 |
| Col de Bose | 234 m | 66 | Col d’Ares | 1 513 m | 66 / Esp. |
| Col de la Croix de Fer | 642 m | 66 | Col de Comprodon | 980 m | Esp. |
| Col de la Roquejalèe | 991 m | 66 | Coll de la Creu | 870 m | Esp. |
| Etape 2 (4 cols) | Coll de Canes | 1 110 m | Esp. | ||
| Col de la Llose | 1 865 m | 66 | Coll de Coubet | 990 m | Esp. |
| Col de la Quillane | 1 716 m | 66 | Collata de Serotto | 803 m | Esp. |
| Col de Mel | 1 756 m | 66 | Etape 5 (4 cols) | ||
| Col du Calvaire | 1 836 m | 66 | Coll Estrel | 115 m | Esp. |
| Etape 3 (7 cols) | Coll de Canyelles | 77 m | Esp. | ||
| Col de la Perche | 1 581 m | 66 | Coll de Giverola | 54 m | Esp. |
| Col St Pierre | 240 m | 66 | Coll de la Ganga | 210 m | Esp. |
| Col de Ternere | 233 m | 66 | Etape 6 (7 cols) | ||
| Col Fourtou | 646 m | 66 | Coll del Bombo | 286 m | Esp. |
| Col d’El Fang | 655 m | 66 | Coll del Perifeta | 250 m | Esp. |
| Col d’El Ram | 668 m | 66 | Coll de Sant Antoni | 75 m | Esp. |
| Col Xatard | 752 m | 66 | Coll de Frare | 202 m | Esp. |
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| Col des Balitres | 165 m | Esp. / 66 |
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| Col du Père Carnières | 69 m | 66 |
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| Col de las Portas | 77 m | 66 |
| TOTAL : 35 cols | |||||
Un grand merci à Jean C., notre ami des «Cent Cols», qui m’a fourni tous ces cols et qui en totalise
4 supplémentaires, gravis lors de la deuxième étape : Llo (1 579 m), Palmanill (1 512 m), .
Egat (1 615 m), Fau (1 635 m) ; chapeau bas !
Ce tableau ne comprend pas la montée aux Bouillouses (2 014 m) car ce n’est pas un col.




