20Juillet 2013 : Connaissez vous l’ANDRION ?
Ne vous inquiétez surtout pas, il ne s’agit pas d’une quelconque maladie, d’un virus ou d’une bête féroce, il s’agit pour votre gouverne d’un col que notre ami Pierre, pour clôturer son triptyque, est allé dénicher dans le sud des Alpes du sud. Après les Cévennes, la Drôme nous voilà maintenant dans les Alpes Maritimes.
Après quelques difficultés pour trouver un point de chute, c’est à Touet sur Var, dans un camping-githotel en bordure du fleuve Var que pour deux nuits nous posons nos bagages. Nous sommes quatre à avoir fait le déplacement, Jean Ch. qui vient pour augmenter son crédit cols, Olivier, Pierre et moi ; nous prenons possession de nos bungalows après avoir rangé nos vélos. De nombreux campeurs sont là pour pratiquer soit du cheval, du canyoning, du VTT ou de la moto. Ce n’est pas le grand confort mais c’est très calme et au petit matin seuls les hennissements des chevaux et le chant des oiseaux servent de réveille matin. Le dîner est pris en terrasse et pour être opérationnel à la première heure, nous déjeunerons dans notre bungalow avec des plateaux repas préparés par Patricia, responsable du camping.
En parfait organisateur, Pierre a sorti et ressorti sa carte routière pour trouver la route la plus calme pour rejoindre le pied du col. Finalement, nous resterons sur la grande route jusqu’au Pont de la Mescla, soit 17 kms en faux plat descendant, un réveil musculaire sympathique. Départ à 7h30, température fraiche, nous avons passé une bonne nuit et nous avons le moral pour partir à l’aventure car nous allons escalader un col qui ne fait pas partie des cols mythiques que nous trouvons lors du TDF ou autre compétition cycliste mais un col connu de la confrérie des « Cent cols » et certainement des cyclos du coin. Sa longueur, sa sévérité, la beauté et le calme du paysage environnant en font un obstacle à classer dans le peloton de tête des plus dures et des plus belles ascensions de notre hexagone.
A partir du Pont de la Lune (235m) dans les gorges de la Tinée, un panneau vous indique « les Granges de la Brasque 27 kms » mais pas le col d’Andrion. L’ascension commence là et nous disons adieu à la circulation automobile. Sur une pente à 6% avec de nombreuses épingles et quelques lignes droites, il faut avaler les 7 kms pour atteindre La Tour-sur-Tinée, charmant petit village où nous déjeunerons au retour car si on veut faire une boucle, il faut emprunter une piste forestière peu adaptée à nos fragiles montures.
Petite descente dans La Tour, 300 m à peine et petite route sur la gauche. Là nous voilà dans de fortes pentes, de 9 à 10%, un revêtement comportant quelques trous, de nombreuses épingles, quelques lignes droites à 8 et 9%, un tracé spectaculaire qui nous mène à 915m d’altitude pour atteindre le col de l’Abeille. Nous n’avons pas encore atteint la moitié du parcours. Heureusement, la suite est revigorante, on se laisse glisser sur environ 5 kms. Au milieu des bois. Des trous, de l’eau car il a plu, un peu de boue, il faudra être prudent en descente. Mais cette tranche de paradis ne peut que nous amener au purgatoire. Dans le dernier tiers du parcours, nous grignotons hectomètre par hectomètre les 760m de dénivelé sur 7km. La rampe finale de l’Andrion flirte le plus souvent avec les 10%. On est heureux de posséder un 30x28 ou comme Olivier d’avoir pu faire monter par son technicien maison Jacques M. un 32 dents à l’arrière car il a un 39 dents à l’avant. Cramoisi dans le col des Pennes (26), il ne souhaitait pas renouveler cette expérience. Jean Ch avec son 28x28 a grimpé comme un « junior » avec pourtant une petite douleur au genou. Pierre, égal à lui même et se connaissant parfaitement, a gravi les pentes correctement. En cette matinée il fait très bon, pas de grosse chaleur, route bien ombragée au milieu des sapins. Pas de véhicules sinon garés, chercheurs de champignons, bûcherons et promeneurs. C’est un paradis. Pause au sommet (1861m), photos traditionnelles. Il est 11h mais nous n’arrivons pas aux Granges où nous aurions pu rencontrer les vaches en pâturage et des enfants en colonie de vacances.
En résumé, c’est un col dur, dur. 19km de parties montantes pour 1438m de D+ mais c’est très beau par les vues depuis les nombreuses épingles et par cette magnifique forêt. Nous enfilons les coupe-vent et redescendons vers La Tour-sur-Tinée pour notre casse-croûte du midi. C’est au Bistrot du Pays sur une magnifique place que nous déjeunerons d’une escalope milanaise accompagnée de riz, légumes verts et un petit farci avec courgette et un bon rosé bien frais évidemment. Jean Ch a ajouté deux cols a son riche palmarès pour cette matinée et ira en cueillir deux autres cet après midi, cols du Seuil et de la Madone. Nous nous séparons à l’embranchement vallée de la Tinée après avoir descendu ce que nous avions gravi en matinée et en descente c’est encore plus impressionnant, de se poser la question : est-ce bien par cette route que nous sommes montés ?
Jean nous quitte pour aller à la conquête de deux nouveaux cols, cols du Seuil et de la Madone. Quant à nous, Olivier, Pierre et moi, nous partons conquérir le col de la Couillole (1678m) au départ de St Sauveur-de-Tinée. Nous remontons la vallée du même nom fort encombrée de véhicules. Nous sommes en période de congés et les déplacements sont nombreux. La pente est douce mais point d’ombre et le soleil est à son zénith puisqu’il est 14h à nos montres mais 12h au soleil. La fontaine de St Sauveur à l’eau très fraiche et limpide est la bienvenue. Nous nous aspergeons, faisons le plein des bidons pour gravir les 16 kms de cette ascension. Une pente à 7et 8% et surtout une forte température, le thermomètre affichant les 37°. Pas beaucoup de voitures, peu de vent mais plutôt favorable et une belle paroi rocheuse sur notre droite qui nous renvoie la chaleur. A allure modérée nous grignotons mètre par mètre le bitume. Stop à la sortie d’un tunnel pour attendre Olivier et Pierre. Rouler seul ça va un peu. Voici Olivier mais pas de Pierre. Cinq minutes s’écoulent et je m’inquiète. Je pars à sa rencontre et Pierre était tout bêtement de l’autre côté du tunnel assis à l’ombre en train de récupérer. Une halte réparatrice. Nous repartons du bon pied et décidons de prendre un verre à Roubion, ce charmant village accroché aux rochers en flan de falaise. Chacun son rythme, aucun faux plat pour souffler, toujours les mêmes pourcentages. Pierre est bien distancé, il a dû prendre une allure omnibus. Olivier part dans Roubion en repérage pour trouver un débit de boissons, j’attends Pierre au carrefour pour qu’il ne rate pas la pause boisson…. au cas où il aurait retrouvé un deuxième ou troisième souffle.
Servis par une charmante dame, nous prenons tous un Coca bien frais, il aurait d’après certains des vertus réparatrices donnant un peu de peps (PepsiCola) car il nous reste encore 5 bornes à escalader. Grâce aux compteurs, aux altimètres et aux bornes kilométriques qui nous indiquent le pourcentage de la pente, nous pouvons gérer. C’est un peu moins difficile, nous laissons sur notre gauche la station de ski, il fait un peu moins chaud, un peu d’ombre également mais le dernier kilomètre est mortel, du 9% alors que la borne affiche 6%. Un petit 16° au sommet et du vent. Il faut bâcher car maintenant nous n ‘avons plus que de la descente et surtout le passage le plus beau, les gorges du Cians.
Très belle descente jusqu’à Beuil (7kms) et encore plus belle avec de grands virages, un bon revêtement. Olivier en bon descendeur nous mène à grande vitesse dans les gorges du Cians remarquables par ces schistes rouges (bauxite, fer ?), un torrent aux eaux très claires. De nombreux tunnels mais parfois des déviations, la route surplombe le lit encombré de blocs où bondit le torrent, c’est de toute beauté. Nous faisons quelques arrêts pour admirer cette merveille. La route est un peu humide, nous arrivons après la pluie. En effet, notre collègue Jean s’est retrouvé sous un orage et a dû faire une halte bistrot alors que nous pas une seule goutte, c’est bien mieux ainsi. Voici le carrefour, deux bornes et nous serons rendus au camping de l’Amitié qui sent bon la campagne. Jean a emporté la clé du bungalow car par une erreur sur le nom de Villars il a fait quelques bornes supplémentaires. Quand on aime… Voilà notre Jean qui a accompli son projet, faire 4 cols. Nous sommes peut être un peu sinon très fatigués mais ravis de cette belle journée. Fatigue estompée par la beauté des paysages dans la montée de l’Andrion, la vallée de la Tinée malgré les voitures, le village de Roubion même si la grimpée de la Couillole n’est pas simple et surtout les gorges du Cians.
Après la toilette, une bonne mousse au bar pour terminer la journée. Dimanche, nous rentrons aves des images plein la tête et de bons souvenirs. Avec les parcours de Pierre aucune surprise, toujours des parcours magnifiques mais parfois un peu trop difficiles car nous n’avons plus l’âge des G/M d’antan.
Photos de Jean Ch.
Bilan : Col d’Andrion : 24,4 kms D+ 1438m Altitude : 1681m
Col de la Couillole : 16 kms D+ 1168m Altitude : 1678m
Sortie : 138 kms 8h08’ 17 km/h 3113 D+ T° Moy : 23,6° T° Max ; 37°
Suite aux nombreux passages en sous-bois, le long des falaises, les tunnels, le « Garmin » perdait parfois les données. Donc ce ne sont que les relevés de mon Garmin avec ses sautes d’humeur.
Pierre Moutin Olivier Boulet Jean Chapard (membre des Cent Cols) Denis Berthomieu sont les participants à cette randonnée.










