Mallemort, Pélissanne, etc… de l'inattendu
Je me vois dans l’obligation d’écrire pour tordre le cou à une rumeur tenace. Mais tout d’abord, sachez que je suis désolée de vous priver du coup d’un bel article de Denis (JiPi, lui, n’était pas là).
Le parcours :
Il était magnifique et en grande partie inédit. Même Louis n’avait jamais vu les pièces d’eau de Mallemort. Quant à moi, je n’étais jamais allée à Mallemort. Mais de toute façon, je reconnais difficilement les routes.
Malheureusement, je ne peux pas vous décrire les paysages, je ne sais pas faire ça. Il y a pourtant de quoi dire : tant de petites routes qui font voyager parmi les pins et les prés et traverser de charmants vieux villages ; la vue panoramique à 180 ° (même un peu plus, je crois) sur les collines multicolores, entre Alleins et Aurons. Mais rien que ces noms, Alleins, Aurons, Pélissanne devraient arriver à vous faire rêver (peut-être avec un petit coup de pouce de google-images).
A part les quelques gouttes d’eau dans la montée de la Viste, le ciel était assez dégagé avec un petit vent favorable au retour et 10 des 15(*) partants ont effectué les 150 km prévus (si on ferme les yeux sur qui s’est avancé en voiture, je le dis par soucis d’exactitude).
La rumeur :
Il en est encore qui me saluent par ces paroles : « Où va-t-on te perdre aujourd’hui ? »
Pourtant, mon dernier égarement remonte à 2006.
Au moins, se perdre donne l’occasion de se retrouver, ce que je finis toujours par faire. D’ailleurs, notre ami Van Werven écrivait de moi, justement en 2006, dans un style tout en nuances : « Sa pugnacité force le respect. Il vaut mieux ne pas l’avoir comme belle-mère ».
Les faits :
C’est à 11h40, non loin de Mallemort, alors que la fringale était toute proche (car à cause de Météo France, je ne m’étais pas du tout préparée diététiquement à cette expédition), que la nouvelle est tombée : le repas se tiendrait à Pélissanne, soit 15 km plus loin. Il m’a fallu manger tout ce que j’avais sur moi (à vrai dire pas grand-chose) pour faire face à cette idée. A peine repartie, je me suis retrouvée à un rond-point qui ne contenait aucune mention ni d’Alleins, ni de Pélissanne, même en tout petit. Je n’ai pas la carte dans la tête, loin s’en faut, mais depuis 2006, suite à d’importantes pressions, je me suis munie d’un portable et je l’ai utilisé, non pas pour consulter la carte (ma modernité a des limites), mais pour appeler Denis. Il a aussitôt refait les kilomètres parcourus pendant ma collation pour venir à mon secours, et voilà ce qui s’est passé : il arrive au rond-point, il en fait le tour mais… l’un de nous est entré dans la quatrième dimension. Je suis pourtant bien là, au bord, en train de réparer ma roue arrière. (Trois sorties consécutives avec crevaison à l’arrière, malgré des chambres et un pneu neufs, n’est-ce pas d’ailleurs très étrange ?)
Mais quelle idée regrettable de manger à 1 heure de l’après-midi quand on s’est levé à 6 heures.
J’aurais volontiers évité de monter le calvaire d’Alleins à jeun (de toute façon, le Chemin de Croix, c’était hier).
Mais il est vrai que nous ne sommes pas égaux devant la digestion et que Pélissanne offre plus de choix de restauration.
(*) Il y en avait bien un seizième, mais sa voiture s’est mesurée à un bus. Le bus n’a rien, mais Michel a dû amener la voiture au garage. Nous regrettons qu’il n’ait pu rouler avec nous.
Il n’empêche, un peloton joyeux démarre de La Rose peu après 8 heures, joyeux de se lancer à l’assaut de ce magnifique parcours mais joyeux aussi de pouvoir pratiquer son sport favori au sortir de trois jours d’un vent démoniaque et d’une température ressentie sibérienne. Certes, l’air demeure bien frisquet ce matin et les affaires les plus chaudes sont ressorties des armoires, comme par hasard !



