En effet, s’il n’était malheureusement plus sur sa machine, il était tellement présent dans nos cœurs et nos esprits, lorsque nous montâmes, et à deux reprises pour certains d’entre nous, le mythique col du Cormet de Roselend, «son» col, que l’on peut vraiment parler de dernier col, pour Daniel.
La veille de l’Ascension, un mistral de folie souffle sur Marseille et a extraordinairement refroidi la température, quasi caniculaire, qui régnait jusqu’alors
18 personnes, dont 15 cyclos, vont se retrouver, en ordre fort dispersé, dans la charmante cité médiévale de Conflans qui domine, du haut de son éperon rocheux, la ville d’Albertville et la confluence de l’Isère et de l’Arly. Le soleil règne sur céans malgré une météo annoncée bien plus maussade…
Tour sarrasine, porte Tarine, murs d’enceinte forts bien conservés, ruelles en escaliers, tortueuses et pavées, fière église à la façade recouverte d’une fresque, fontaines monumentales, vieilles enseignes, jardin en son faîte d’où l’on jouit d’une vue imprenable sur les vallées et les montagnes environnantes, grande place aux maisons colorées, musée installé dans la «Maison Rouge» : cet endroit ne manque pas de charme.
Le Centre international de Séjour, qui va accueillir notre cohorte pédalant, occupe une partie de cette «Maison Rouge», en fait ancien couvent. Nous y serons fort bien logés, dans de petites chambres refaites à neuf, très confortables, disposerons d’une vaste salle pour entreposer nos précieux engins, souperons copieusement et agréablement… Même si, le premier soir, les boulettes laisseront des traces dans quelques estomacs un peu réticents…
Jeudi 2 juin, jour de l’Ascension, un beau soleil règne sur les montagnes, même si des nuages pourraient toutefois tempérer un enthousiasme débordant !
Nous mettrons bien du mal à nous décider mais, au bout de longues tergiversations, douze cyclos, dont une cyclote, s’élanceront vers le Cormet de Roselend et trois autres vers le Col de l’Arpettaz (1 581 m), long de 20 kms pour environ 1 000 mètres de dénivelé.
Puisque j’ai parlé des traces laissées par les boulettes, je dois dire qu’Henri n’est pas bien du tout, même s’il décide de rouler dans le groupe «Cormet», et que Denis doit déclarer forfait, vraisemblablement victime du même mal mais à un degré supérieur. En revanche, le nombre total des rouleurs demeure inchangé, malgré cette défection, grâce à l’arrivée, ce matin, de Michel T., fraîchement débarqué de Lyon.
Tournant tout de suite à droite, au bas de la descente de la cité médiévale, le peloton s’étire déjà dans la première montée, longue mais somme toute raisonnable, vers la vallée du Doron. Sous ce ciel magnifique, la chaleur monte vite et, après une première portion de route sous la belle sylve de Savoie, peuplée de sapins et d’épicéas, les arrêts s’échelonnent sur de rutilants alpages portant de coquettes maisons. Chacun monte à son rythme et le peloton se reformera plusieurs fois.
Après la côte, une belle descente nous dépose au bord du Doron qui coule sous une végétation si dense que l’on n’entrevoit même pas ses flots ! Dés lors, nous roulons sous des ombrages majestueux avant de découvrir d’autres prairies verdoyantes. A part un raidillon ou deux, le parcours se montre plus roulant. Villard-sur-Doron déploie son petit bourg fleuri sous la première route, sévère, qui monte au Col des Saisies, dont l’accès principal, plus aisé, se trouve quelques kilomètres plus loin.
Bientôt, le peloton, arrive dans la jolie ville de Beaufort, si renommé pour son fromage. A 760 mètres d’altitude, nous avons déjà gagné 420 mètres depuis le départ. Nous voici maintenant «au pied du mur», un mur de plus de 1 200 mètres de hauteur, se gravissant en 20 kilomètres... Un éboulement va brouiller les cartes et «corser l’addition», salement !
À peine évanouies les dernières maisons de Beaufort, Thierry attend «l’éternel attardé» pour lui indiquer que l’on doit impérativement emprunter la déviation mise en place. En effet, juste un peu plus haut, la route est fermée, plus rien ne passe, pas même un vélo !
À gauche, toute ! Sur cette toute petite route, autre variante d’Hauteluce, du Col des Saisies et du col du Joly (cul-de-sac cher à l’ami Jean C., qui fait partie de l’autre groupe) le peloton, déjà pas mal disloqué, va s’acharner à maintenir une progression minimale à travers un cadre époustouflant de prairies pentues, rieuses et soulignées par les traits foncés des forêts voisines ; le bonheur est dans le pré ! Enfin, si l’on peut dire car tout le monde souffre, même les premiers. Souque ferme, cyclo, régale toi des ces alpages resplendissants… Avant de reperdre quasiment toute la dénivelée, si chèrement gagnée, dans une longue descente en lacets qui traverse les deux «Villes», du dessus, d’abord, puis du dessous, ensuite !
De retour dans la belle forêt du Doron, la pente nous paraîtra un peu plus douce même sur des portions à «deux chevrons». Malgré l’intensité de l’effort, la première partie de l’ascension essentiellement sylvestre, sauvage, nous régale d’autant plus qu’un liseré de neige, s’épaississant au fur et à mesure de notre montée, augmente encore la beauté des lieux. Les premiers doivent déjà être bien loin, et tout le peloton disséminé sur ces pentes royales. Henri souffre le martyr mais serre les dents pour ne pas se voir rejeté aux oubliettes !
Carrefour avec la route venant du col du Pré, le Col de Méraillet (1 605 m), contemple le lac de barrage de Roselend et les cimes du Beaufortain, fraîchement saupoudrées. Bémol à ce tableau magnifique, le niveau du lac, très bas, laisse apparaître, sous la verte couronne des sapins, une bande de terre bien trop large. Près d’un restaurant, une horde de motards savoure l’endroit.
Après le col, une courte portion de faux plat, très légèrement descendant, longe le lac. Tout le monde se détend un peu, admire le paysage avant d’attaquer la dernière partie du col, comptant 5 kilomètres, environ, pour 375 mètres de dénivelé, très sauvage au-dessus du lac et de la forêt. Un immense Z fend la pente aride avant que la route ne s’engouffre dans un étroit goulet dans lequel souffle un vent démoniaque. Nous avons du mal à tenir sur nos machines ! Il n’empêche, la neige, de plus en plus présente, se mêle à l’herbe, grande maîtresse des lieux, pour former un cadre luxueux. Quelques-uns d’entre nous attendent un peu avant le col, de peur du froid qui effectivement, sous la houlette d’un Éole déchaîné, confère à ce lieu magique une atmosphère quasi polaire ! J’exagère un peu mais, après avoir savouré ce moment magique d’arriver à un col alpin (1 967 m tout de même), admiré ce cadre sauvage d’alpages et de sommets rocheux, parsemé de neige, pris la photo de groupe devant le panneau et la rapprocher, dans sa tête, de celle retrouvée d’un vieux passage du club, avec Daniel, les 12 cyclos ne traînerons pas ici ! Malgré son état Henri a réussi son ascension ; chapeau bas !
Après les vues sur la magnifique et verdoyante vallée des Chapieux, une longue descente, elle aussi sylvestre et sauvage, voit arriver un peloton complètement affamé à Bourg-St Maurice, en Tarantaise. Aux environs de 14 heures, il est grand temps de se restaurer et un grand snack, au bord du premier rond-point, contentera tout le monde même si l’attente sera longue et les tartes un peu chères !
A 800 mètres, au bord de l’Isère, la route ne devrait plus guère monter mais l’écurie est encore loin ! Au début, une magnifique piste cyclable borde une Isère aux flots tumultueux que tente d’apprivoiser une multitude de rafts et autres engins aquatiques. Conséquence des chutes de neige, d’innombrables feuillus nous barrent la route, transformant souvent cette agréable balade au fil de l’eau en un véritable gymkhana.
Après Aime, un gymkhana d’une autre sorte, bien moins folichon, nous attend : nous allons être pris au piège d’une N 90, souvent transformée en voie express, naturellement interdite aux vélos, sur laquelle nous nous trouverons prisonniers à plusieurs reprises ! Enfin, nous sortirons tous indemnes de ce véritable guêpier, parcourrons à assez vive allure cette partie de la Tarantaise assez peu intéressante et jetterons nos dernières forces dans la sévère remontée vers des pénates fort bien venues… au terme de cette magnifique journée de vélo, longue de 124 kms et dépassant les 2 200 mètres de dénivelé. Nous retrouvons avec plaisir, Jean C., Jean R. et Edgar, contents de leur périple vers l’Arpettaz, ainsi que Denis dont l’état s’améliorant lui a permis de rouler un peu cet après-midi, sans oublier Monique, Sylvie et Éva qui ont déambulé dans les jolies rues d’Annecy, l’une des plus belles villes des Alpes, à mon avis.
Vendredi 3 juin. Si le gîte s’avère correct, tout comme le petit-déjeuner, le bar d’en face génère un tintamarre ahurissant qui empêche tout sommeil pour ceux dont les fenêtres donnent sur ce coin de la place ; réel problème qui ne trouvera pas de solution durant notre séjour !
Légèrement plus couvert que la veille, le temps nous autorise encore une virée en montagne. Ainsi, la majorité choisit de donner l’assaut au col de la Madeleine, un des passages phares des Tours de France, à la grande joie de Pierre et de Patrick, arrivés la veille. Henri, qui a trop souffert hier, décide de rejoindre le trio de la veille pour une balade dans les Massif des Bauges et du Semnoz, via les cols du Frène (950 m) et de Leschaux (897 m).
Les 14 autres cyclos, comptant toujours une féminine parmi eux, remontent donc la dernière partie de leur parcours d’hier, jusqu’au pied du défilé de N.D. de Briançon (500 m), point de départ du Col de la Madeleine.
Hier, un panneau annonçait ce col fermé, aujourd’hui il le déclare ouvert ! C’est donc parti pour 24 kilomètres d’ascension pour 1 500 mètres de dénivelé. Dès les premières pentes, forestières et en lacets, le ton est donné : l’exercice sera rude et Michel G. affiche une grande fatigue. Denis, véritable St Bernard de la troupe, restera avec lui. Mes nombreux arrêts me permettent de «naviguer» en diverse compagnie, quand je ne me retrouve pas tout seul ! Sous cette belle sylve de conifères, les vues grandissent sur la vallée de l’Isére avant que nous pénétrions un immense univers d’alpages, magnifiques.
Le temps se charge, bien plus qu’hier. Traversant les hameaux isolés, frais et vieillots, de la Thuile, puis de Celliers, un seul morceau plat, assez long, permettra aux organismes de récupérer un peu d’énergie. Ensuite la pente reprendra de plus belle, sans relâche. Même si ce versant est moins «renommé» que celui de la Maurienne, ce col demeure tout même une rude épreuve. En haut, l’alpe domine, joyeuse, magnifique mais l’absence de soleil ôte tout de même quelque charme à ce grand col, haut de 2 000 m, selon le panneau, ou 1 993 selon les cartes… Nous prendrons le panneau ! Le temps, frais et humide, verra nombre d’entre nous se réfugier à l’intérieur d’un café-restaurant au personnel peu accueillant.
Les premiers arriveront quelque trois quarts d’heure avant les derniers, Michel et Thierry, victimes d’un sévère coup de barre, accompagnés de Denis qui ne les a pas lâchés d’une semelle ; bravo l’artiste ! Un coup de chapeau à Pierre, aussi, qui se remet de sa grave chute et qui, par conséquent, manque cruellement d’entraînement.
Le temps, vraiment menaçant, nous incite à plonger vers la Maurienne avant de déjeuner. Thierry et Michel G. décident de manger au col et de rebrousser chemin, parcourant ainsi moins de distance et étant sûr de ne plus remonter, mis à part la rampe de Conflans !
À tout à l’heure, les amis ! Jipi oublie l’appareil photo, qu’il retourne chercher… Pendant ce temps, tous les lascars ont filé et, tout seul, il se laissera glisser, tout doucement, sur ces raides pentes qui, après la station de ski de St François-Longchamp, dévalent vers la vallée de l’Arc, sur un versant plus austère que le précédent. Beaucoup de cyclistes s’échinent sur ces véritables murs.
Au bas de la descente, Denis, toujours lui, veille au grain, et m’attend, tous les vélo étant rangés dans un garage, dans la cour d’un établissement où poisson et riz formeront le plat de résistance d’une belle tablée de 14 cyclos en mal de nourriture !
L’après- midi, nous ne commettrons pas les erreurs de la veille et trouverons toujours de belles petites routes, en bord de vallée, dans des zones champêtres ou forestières, de toute beauté. Bien sûr, dès que nous nous éloignons un tant soit peu de la rivière, nous nous confrontons à quelques bosses. La plus longue et la plus sévère nous conduit au « chef-lieu » d’AITON, dont l’église surveille étroitement de confluent de l’Arc et de l’Isère.
Il ne nous reste plus qu’une vingtaine de kilomètres à parcourir, remontant l’Isère sur une route bien plate jusqu’à une bosse, très proche de l’arrivée, qui cassera un peu un peloton roulant jusque là à vive allure et bien groupé.
Tout le monde est très content de terminer cette nouvelle belle étape de montagne. Pierre et Patrick paraissent ravis de leur première journée bien réussie : 116 kms et 2 100 mètres de dénivelé ! Nous retrouverons les autres membres du groupe. Thierry et Michel sont rentrés assez tôt, pouvant ainsi se reposer un peu. Le quatuor rentre satisfait de sa journée et tout ce petit monde se regroupe autour du verre de l’amitié, saluant Anne qui vient d’arriver.
Samedi 4 juin. Pour nous c’est un jour très spécial, puisque nous avons rendez-vous avec la famille de Daniel, en haut du Cormet de Roselend, pour la dispersion de ses cendres, à l’endroit qu’ont déjà visité Monique, Sylvie et Éva, lors d’une randonnée dans le secteur, la veille, avec Germaine et sa famille.
La météo, annoncée défavorable, et les efforts déployés ces derniers jours se sont combinés pour que seulement neuf cyclos, dont deux cyclotes, Claudine et Anne, décident de rallier le col à vélo. Le reste de la troupe s’y rendra en voiture, servant également d’assistance aux cyclos en leur montant chaussures et vêtements chauds.
Nous avions prévu un départ vers 7 H 15, horaire que seuls Anne et votre serviteur respecteront. Bien nous en prendra car les 4 heures estimées étaient tout à fait justifiées. Anne découvre le joli parcours du premier jour, jusqu’à Beaufort. Quelques kilomètres avant cette belle ville, une petite pluie fine, pas trop gênante, se met à tomber. Personne ne nous a encore rejoint. En effet, Thierry, Claudine, Daniel, Michel T., Pierre, Patrick et Denis démarreront au moins 20 minutes après nous.
La pluie ne prenant pas un caractère alarmant, même si le ciel reste bien gris, nous décidons de ne pas attendre et nous lançons à l’assaut du très dur Col du Pré. Dans une vallée encaissée, fermée par un sensationnel cirque de montagnes, à la verdure impressionnante, nous évoluons dans un cadre magique, sur la large route qui mène à la station d’Arêches (1 080 m). 320 mètres gagnés sur 5,5 kms : c’est encore raisonnable ! En effet, après ce magnifique village, perdu au fond de sa vallée, une route, étroite et grumeleuse, va nous présenter des pourcentages monstrueux pour nous hisser un peu plus haut que le Col du Pré (1 703 m), la pente continuant après le col, pour atteindre l’altitude de 1748 mètres.
Malgré la rudesse de l’effort, nous ne perdrons rien de ce cadre somptueux, atteignant une forêt au-dessus de l’Alpe rutilante. La pluie a stoppé, momentanément, son aqueuse offensive. Daniel et Thierry m’ont dépassé ; plus bas, j’aperçois Claudine et Patrick alors qu’Anne grimpe devant, affichant une grande forme et une volonté de fer ! En haut, Anne, Thierry et moi-même arrivons quasiment ensemble. Seul Daniel est devant mais il s’arrêtera pour attendre Claudine, retardée par une crevaison. Il pleut à nouveau et, sur cette petite route descendant jusqu’au barrage de Roselend, le froid et l’humidité s’ajoutent à la pente pour nous faire vivre un véritable calvaire ! Patrick m’a rejoint et nous peinons sur les courtes bosses qui rejoignent le Col de Méraillet.
Si Thierry, Claudine, Daniel et Jipi connaissent la suite des évènements, les «nouveaux» vont découvrir les sévères pentes de la fin du col. S’il ne pleut que par intermittence, les cyclos arriveront à bon port extrêmement mouillés, autant par la pluie que la transpiration. Multipliant les arrêts, comme à l’accoutumée, je rejoins Anne au col, Thierry étant extrêmement heureux d’en avoir déjà terminé avec son ascension, lui qui était si mal, hier ! Les premières voitures nous ont doublés dans le dernier kilomètre ; ainsi pourrons-nous nous ruer sur nos affaires sèches et chaudes ! Il ne pleut presque plus mais nous avons besoin de bien nous couvrir, gelés et fatigués que nous sommes, après ces 46 kilomètres de grimpée qui frisent les 2 000 mètres de dénivelée !
Nous saluons Germaine, Elisabeth, Emmanuel et Nicolas – la famille de Daniel – avant d’attendre le reste de troupe qui se bat encore contre les pentes… Et autres chambres à air récalcitrantes ! Au bout d’un moment, dans un état parfois chancelant mais ravi d’avoir atteint son objectif, tout ce petit monde pédalant retrouvera copains, copines et affaires sèches !
Michel T., devant la pluie, a fait demi-tour. Claudine, frigorifiée, annonce qu’elle redescend en vélo avec Daniel, tout de suite.
Tous les autres membres du groupe, sans exception, vont suivre Germaine et sa famille. La pluie s’est arrêtée. Au bout d’un cheminement assez long sur une piste en terre, nous gravissons des pentes herbeuse, fleuries à souhait en ce mois de juin, pour atteindre un petit tertre, à environ 2 100 mètres d’altitude. Un ruisseau serpente à travers la rutilante prairie, sous le Cormet de Roselend, que l’on domine. La vue porte aussi sur la vallée des Chapieux, verte et magnifique, passage du Tour du mont Blanc et du Tour du Beaufortain, deux magnifiques randonnées pédestres. Un névé a engendré un tout petit lac, très sombre sous une paroi rocheuse.
C’est cet endroit superbe que Germaine a choisi pour Daniel. Nous estimons que ce grand calme, cette profonde solitude lui ira à ravir, saluant tous les innombrables cyclos qui franchissent le col.
Ainsi, tous soudés autour de Germaine, ses enfants et sa sœur, nous assisterons à cette poignante et émouvante cérémonie, devant un petit cairn, sur lequel a été déposé un petit bouquet de fleurs des alpages. Comme un fait exprès, le vent s’est levé pour que notre ami prenne encore davantage de place dans ce lieu qui est le sien, désormais. Au revoir, Daniel.
Revenus aux voitures, nous déjeunerons ensemble, au restaurant du Col de Méraillet où la patronne, prévenue, nous a concocté un succulent plat de poulet accompagné de polenta. Comme souvent en montagne, le temps a complètement changé et un soleil radieux illumine l’espace, toutes les cimes resplendissant sous la lumière retrouvée. Nous saluons Germaine et sa famille puis rejoignons tous Conflans en voiture, personne ne daignant sortir l’un des huit vélos soigneusement rangés dans les autos !
Une bonne partie d’entre nous ira repérer un bar en ville, pour assister à la finale du Top 14, le contingent rugbystique du peloton s’avérant assez important ! Après notre dernier repas, une partie de ceux qui ne descendront pas en ville prendront le dernier verre de l’amitié, au bar d’en face, dans un brouhaha par trop intense !
Dimanche 5 juin. Le temps s’annonce pluvieux pour notre retour. Selon les options choisies, Vallée du Rhône ou Col de La Croix-Haute, la pluie sera plus ou moins forte mais chacun rejoindra tranquillement son foyer respectif, heureux de ce super moment passé ensemble, ravi du beau temps malgré la météo défavorable, comblé par tous ces cols franchis et conscient du devoir accompli, ayant accompagné Daniel dans sa dernière demeure.
Toutes les photos de Jean-Pierre la vidéo de la Madeleine et celle du Cormet