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La Roue Ensoleillée, le blog des cyclotouristes de l'ASPTT Marseille

La montagne de la Chance (suite)

28 Octobre 2009, 16:29pm

Publié par Daniel


















Au fur et à mesure de mon approche, je reconnais le maillot aux couleurs multiples mais un peu sombres, et puis le vélo, un cannondale carbone. Non, ce n'est pas le courageux handicapé du Verdon, mais le cyclo de tout à l'heure, l'homme du Bel-Homme, ce que je suis aussi pour lui. Sauf que c'est moi qui reviens sournoisement sur lui, alors que, toujours sur la demie-plaque, il semble un peu plus laborieux. Admirez la coïncidence, je n'ai vu qu'un cyclo depuis ce matin, et je le retrouve dans cette montagne confidentielle. Il ne m'a ni vu ni entendu. Je surgis à ses côtés comme si je sortais de l'hyper-espace. Même pas besoin de faire "Bouh !", la surprise est totale.
- Oh ! bonjour.
- RE-bonjour.
- Ben ça alors.
L'heure n'est plus à la flingue mais à la fraternité : nous alignons nos vitesses pour bavarder côte à côte. Il s'enquiert de mon point de départ. Lui, est parti de Saint-Aygulf où il a un pied-à-terre, mais il n'est pas du coin, tient-il à me préciser. Ah-ah, me dis-je, un accent qui m'est familer, un regard bleu, une allure robuste de rural, mais que vais-je apprendre ?
Oui, c'est bel et bien un gars de la Manche, un cultivateur à la retraite originaire de St Pierre-de-Semilly, 7 km à l'est de Saint-Lô, ma ville natale. Comble de la convergence, il est né en 1946 à l'hôpital militaire irlandais, comme moi. Etes-vous conscient que je viens d'avouer que je suis né dans un hôpital militaire ?
Dans le fond, puisqu'elle a eu lieu, cette renconte est cohérente, il ne pouvait y avoir que deux Normands pour affronter à la même heure et presque de la même façon, un difficulté varoise méconnue. C'est vrai, quoi, où sont les cylos varois ?
Nous arrivons en haut comme des frères. En haut, nous attendent 2 ouvriers et 2 caterpillars. Nous posons nos vélos dans le chantier, face à la porte militaire ouverte. Aujourd'hui, je me tiens tranquille, je ne vais pas plus loin. Tant pis pour les 35 mètres manquant, je me contenterai des 1680 m affichés par mon altimètre, confirmés par openrunner (dont voici la carte et le profil pour la seule grimpée du Lachens).
Nous prenons tous les deux des photos, mais c'est bientôt la fin de la fraternisation. Il est déjà 11h30 et j'ai encore du chemin. J'ai en effet décidé de revenir par Mons, poussé par une nostalgique envie de faire un bout de la route d'Alpes de Soleil. Adieu camarade, peut-être au revoir. Mais que la descente fut fraîche, dans mon petit blouson Giraudon.

Comme je m'y attendais, je ne trouve rien d'ouvert pour mon repas de midi sur la route Napoléon. Après le col de Valferrière (1169 m), je descends sur Mons, mon dernier espoir de restau. Je ne me rappelais plus à quel point cette route est agréable... sans la fatigue du long trajet d'Alpes de Soleil. Et tout au bout du village de Mons (mensurations intermédiaires : 104 km et 2100 m de dénivelée), sur la grande place qui domine les vallées jusqu'à la mer (et la Corse, paraît-il), il y a un petit restau ouvert qui mérite sa TVA à 5,5%. Je vous recommande les raviolis au canard, à la sauce aux cèpes. En vaine de sociabilité, je participe même aux conversations, et je m'en sors en 50 minutes. Que voulez-vous de mieux ?
Ce n'est pas que je sois pressé, mais le décalage d'une heure me rend prudent. Il n'est pas encore 14h00 quand je quitte Mons, et il me reste 68 km agrémentés de 4 ou 5 bosses, dont 2 petits cols. Je me fixe comme objectif une arrivée vers 17h00, histoire d'éviter un retour crépusculaire plutôt déprimant quand on n'a aucun éclairage.
Le premier col, entre Seillans et Bargemon, est doté d'un panneau : col de Saint-Arnoux (653 m). Mais pas le suivant qui ramène sur la route de Draguignan, que je quitte quelques km plus bas pour remonter les gorges de Chateaudouble. Là, je ressens un léger coup de moins bien qui me fait oublier une fois de plus de chercher les 2 châteaux. Partie encore remise.
Les montées d'Ampus et St Pierre-de-Tourtour sont vite passées, et je n'ai plus quà me laisser glisser doucement vers Aups et la logan. 16h55, 173 km, 3040 m de dénivelée, je ne suis pas loin des données d'openrunner, pour l'itinéraire et le profil.

Les journées sont maintenant bien courtes pour caser autant de dénivelée entre l'aube et le crépuscule. Je vais devoir limiter mes ambitions (et donc, vous foutre un peu la paix sur le blog), jusqu'au printemps. A moins que...
Quelqu'un a-t'il envie d'un Triangle de Noël ?

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La montagne de la Chance (*)

27 Octobre 2009, 15:45pm

Publié par Daniel


















De son vrai nom, la montagne de Lachens, avec une prononciation hasardeuse dûe à mes origines lointaines. Je ne l'apprendrai pas à Bernard, cette montagne est le point culminant du Var avec 1714m. Elle se trouve dans ce secteur nord-est baptisé toit du var par l'office de tourisme. Cela n'est pas très visible sur la carte Michelin, mais il y a une petite route forestière (et militaire bien sûr) qui, depuis le col de Clavel (1060m), mène jusqu'au sommet. Le revêtement en est tout à fait acceptable.
Ayant médité cette expédition depuis près d'un mois, je n'attendais que le moment favorable, par exemple une météo un peu plus douce que ces 2 dernières semaines. Ce lundi était le bon jour.
J'ai donc laissé ma Logan à Aups, cette fois, pour un départ à l'aube. 7h10, 11°, je donne frileusement mes premiers coups de pédale. J'ai choisi de ne pas trop me couvrir en prévision d'une après-midi annoncée douce. Je compte sur la tranquille montée de Tourtour pour me réchauffer et me mettre en jambes.
J'aime beaucoup cette petite route de Tourtour. Après s'être élevé suffisamment, on évolue en corniche au-dessus des vallées, pour l'instant remplies de lacs de brume. Est-ce l'influence de Didier Tronchet (cf "le regard déplacé"), j'ai l'impression de tout voir en 16/9éme ou en cinémascope. Comme le monde est beau dans le Var. Non-non, je n'ai presque pas bu hier soir, mais j'ai très mal dormi. Je fais donc un arrêt technique au bistrot d'Ampus pour avaler un grand chocolat fumant qui me ramène dans la réalité charnelle.
Tout va bien maintenant, mes sensations sont correctes et je maîtrise mon itinéraire : les gorges de Chateaudouble (je me jure d'essayer de voir les 2 châteaux à mon retour), Monferrat, Bargemon. Là commencent les choses sérieuses, avec l'ascension du col du Bel-Homme (915 m). Je décide de rester sur la demie-plaque. Derrière, j'essaie le 21, puis le 26. Mon dérailleur et moi tombons d'accord, ce sera le 23, ce qui convient parfaitement à cette pente pas violente et régulière. Vous voyez qu'on ne s'ennuie jamais sur un vélo, il faut prendre des décisions, par exemple choisir le bon braquet, celui qui fait croire que le Litespeed avance tout seul.
De nouveau des hallucinations, j'ai de temps en temps une vue panoramique sur la mer, jusqu'à la Corse ! Précisément, c'est en me retournant pour bien regarder que je vois le danger. Un virage en dessous, un cyclo monte tout en puissance à ma poursuite. Inconsciemment (j'en ai honte), j'ai dû accélérer puisqu'il met un temps fou à me rattraper. Enfin le voilà. Tout sourire, il rend un grand hommage au temps qu'il fait. Je gromelle une sorte d'approbation, mais nous sommes déjà au col. Je ne fais pas le sprint du panneau comptant bien plutôt y poser mon vélo pour ma pause pain d'épice. Adieu, éphémère camarade... Enfin, c'est ce que je croyais.

Bel-Homme est le poste-frontière de soldierland. Comme toujours, quand je passe par là, j'ai une pensée pour les pauvres indigènes varois qui ont été virés de leurs hameaux et villages, afin que notre glorieuse armée puisse tranquillement jouer à la guerre. Il est vrai que c'était dans les années 70 et que les jeux vidéo n'existaient pas. Même pas Pacman ou Space Invaders.
Toujours en concertation avec mon dérailleur, je gravis avec humilité (39x23) le col de Clavel. Ma prudence est légitime, je ne sais pas ce qui m'attend. Mais la route existe et sa viabilité paraît certaine. Il y a même un panneau qui indique sobrement "le Lachens".
Me voilà donc momentanément réconcilié avec les militaires dont je partage les petites routes et les fantasmes culminatoires. Rapidement, la pente se révèle assez rude pour que mon dérailleur avant se rappelle à mon bon souvenir. Ce sera donc 30x21 ou 30x23, selon le profil. 
A peine ai-je gravi un km que j'aperçois, un virage plus haut cette fois, un cyclo qui semble progresser en force, utilisant le poids de son corps comme un balancier. Cela me rappelle quelque chose.

A suivre...


(*) PRS 13

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Le Coudon

21 Octobre 2009, 10:51am

Publié par Daniel


Un mal-aimé du club.
Depuis plusieurs années, nous commençons la grosse saison par le Mont Caume et la terminons par le Mont Faron. Jamais, nous ne poussons quelques kilomètres plus loin vers l'est pour nous attaquer au troisième larron des sommets toulonnais. Il est vrai que le bout de la route ressemble à une porte de prison, mais tout le reste de cette route est très pittoresque, Michelin le dit et je le confirme.

Lundi dernier, il faisait frais mais encore beau (cro-a), j'ai décidé de poursuivre ma quête des difficultés éludées avec cet objectif d'automne à ma portée.
Sur le chemin, à Aubagne exactement, j'ai fait moi aussi une brève rencontre : Christian M. et Jean-Louis J. , en route pour Saint-Jean-de-Garguier. Comme moi, ils avaient tenu compte des mauvaises prévisions météo pour le milieu de la semaine. Effectivement, en ce moment, je suis bien au chaud devant mon écran et dehors il pleut des cordes.
C'était bien une brève rencontre, j'ai poursuivi seul vers Cuges et le Camp. Mon plan étant d'arriver au pied du Coudon par l'est, j'ai tourné vers Signes et, pour éviter l'encombrée vallée du Gapeau un jour de semaine, je suis allé m'user dans les rudes bosses du Siou Blanc.


Ce que vous voyez là est mon arbre préféré du Siou Blanc, dans sa version pré-automnale.
A Soliès-Toucas, j'ai pris une petite route suggérée par openrunner qui m'a conduit presque juqu'à La Farlède. De retour sur la grosse départementale bordée par l'autoroute, j'ai trouvé la circulation acceptable, même dans la traversée de La Valette.
Il est toujours malaisé de comparer des ascensions. Celle du Coudon me semble un peu plus facile que celles de ses deux compagnons, quoique les deux kilomètres après le carrefour de la route de Tourris m'ont parus sévères (l'usure du Siou Blanc peut-être). A tout moment la vue est superbe et, ce qui ne gâte rien, le revêtement est excellent (rappelez-vous, dans le Mont Caume le tressautement est infernal même en montée).
Pas loin du sommet, 3 panneaux successifs vous dissuadent d'aller plus loin. Vous connaissez le truc, c'est cette histoire de propriété militaire. Mais je suis têtu, je suis allé me cogner contre l'épaisse porte en bois du fort, sans que personne n'y trouve à redire, même cette dame qui méditait en haut des remparts, côté prison. Je ne devais pas être le chevalier qu'elle attendait.
Mais de l'autre côté du parapet,


la Rade s'étendait à mes pieds et mes roues.

Mais voilà il était 12h30, déjà 91 km au compteur, il fallait que je songe à trouver une table pour calmer ma faim. Je n'ai rien trouver d'ouvert, même en m'enfonçant dans la banlieue ouest de Toulon. J'ai donc fait demi-tour pour prendre une traverse censée me ramener (au pif) sur la route du Broussan et, après quelques escalades inopportunes, je suis tombé pile sur le camp de base de l'ASPTT Marseille (13h05, 108 km et 1700 m). Vous connaissez les lieux : d'un côté le Bahou (vous me pardonnerez cette orthographe, mais dans la Manche il y a aussi des toponymes en ou qui s'écrivent et se prononcent hou ), de l'autre le fameux restaurateur moustachu. A une heure aussi tardive, un lundi qui plus est, la boulangerie était fermée. Je me suis donc rabattu sur l'atrabilaire aubergiste. Permettez-moi de vous donner le secret d'une communication fructueuse avec cet homme : il faut venir en petit nombre (1, cela marche) et se montrer disposé à ingurgiter le menu du jour. A ce prix (20 euros environ), vous pouvez poser votre vélo n'importe où sur sa terrasse.
Moi, par contre, je me suis installé à l'intérieur, ce qui m'a permis de jouir d'une décoration mystico-médiévale vraiment contre nature dans un bâtiment du plus pur style préfa : faux donjoms, fausse porte à grosse clé, faux étendards et faux écussons. En prêtant l'oreille aux discussions d'arrière-cour, j'ai compris que notre homme appartenait à une mystérieuse "compagnie", donc normalement enclin à respecter les fières devises de serviabilité, justice et amour inscrites sur ses oriflammes. Faites lui confiance...
En ce qui concerne le menu du jour, c'était coq au vin - pommes sautées. Parfaitement comestible, mais plus propice à la sieste qu'au vélo. Je dois dire que j'ai eu tout l'après-midi un poids sur l'estomac, particulièrement encombrant dans les bosses du retour (Corps de Garde, Belle Fille, Gineste).

Les mensurations des compteurs : 176 km et 2690 m, sensiblement supérieures à celle du software magique, dont voici la carte et le papier millimétré.

Vous ai-je donné envie, non pas de coq au vin, mais d'escalader un jour le Coudon, si proche mais si loin... ?



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Cyclo-shopping

18 Octobre 2009, 07:46am

Publié par Anne

 


Samedi encore il faisait chaud

Il faisait chaud et c’est l’hiver

Depuis hier

N.


Nous étions quand même nombreux à Bougainville. A Calas, Louis G. nous a offert le café (quelques uns ont profité du vent pour rentrer par les Termes) et à Eyguilles, il nous a offert un retour inédit par les Milles. Quelques-uns ont poursuivi jusqu’à Saint-Cannat selon l’excellent parcours prévu au calendrier et les autres ont suivi Louis. Dès que possible, j’ai été réorientée par Daniel vers Plan-de-Campagne où j’avais quelques emplettes à faire.

 

Heureusement d’ailleurs, car mon sac magique ultra-light a pu accueillir, en plus de quelques mètres de tissus, quelques poignées de coings. Comme quoi le vélo ne se prête pas qu’à la cueillette des champignons, dans laquelle excelle monsieur Cacahuète.

 

Retour à Bougainville en même temps que Jacques de retour de Saint-Cannat...

 

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Brève rencontre en haut du Ventoux

13 Octobre 2009, 20:14pm

Publié par Daniel


De retour de leur voyage en tandem à Saint Jacques de Compostelle, les pélerins Jeanine et Guy ne se sont pas arrêtés à Pernes-les-Fontaines, ils ont poursuivi jusqu'en haut du Ventoux !
Et là, ils ont rencontré :


Jérôme. Le monde est petit, mais peut-être encore plus le monde des cyclos.

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Total Verdon (*)

7 Octobre 2009, 10:32am

Publié par Daniel

Dimanche 4 octobre, quelque part entre Barjols et Fox-Amphoux et quelques minutes avant 8h00. J'ai laissé ma Logan sur la grande place de Barjols, au milieu des tréteaux et calicots de la foire à la brocante. Il fait 12°, cette journée d'automne s'annonce belle, mais pour l'instant, il y a encore des nappes de brouillard qui ouatent la campagne. L'humidité est forte : des perles de rosée s'échappent des arbres et viennent percuter mon casque. Une évidente question se pose : qu'est-ce que je fous là ?

Dans le Paris-Brest-Paris 1991, parcouru avec mes amis Michel A. et Van Wervein, dans l'enceinte d'un contrôle (je ne sais plus où, mais au petit matin), Michel m'a sorti une remarque que je n'ai jamais oubliée, à propos d'un cyclo bien vieux et très fatigué qui errait devant nous comme un zombi : "si tu me vois dans un Paris-Brest, à cet age et dans cet état, je t'autorise à m'abattre". C'est de l'humour normand, donc par moi compréhensible, mais c'est aussi une affirmation brutale qu'il existe des limites. Tout le problème est : où, quand et comment les voir ?
18 ans plus tard, je suis arrivé à l'age où l'on se penche sur son passé, très prudemment bien sûr, à cause de l'arthrite et des rhumatismes. Donc, quand je considère mon "palmarès" de cyclotouriste apparemment assez fourni, bien que je ne sois pas porté à l'auto-flagellation, je n'y vois qu'un gruyère de plus ou moins menus renoncements. Par exemple (et c'est une réponse à la question "qu'est-ce que je fous là ?"), je suis passé 50 fois sur la route de La Palud-sur-Verdon, pourtant, jamais l'envie ne m'est venue de tourner à gauche après l'auberge des Crêtes, pour prendre vers l'est la route du même nom. Il est vrai que ce carrefour propose une alternative presque caricaturale, vous allez tout droit et vous arrivez à La Palud en 1 km de faible montée, vous tournez à gauche et vous affrontez une rude montée de 5 bornes, dont 4 à vraissemblablement 9%, qui vous amènent à 1320 m avant de redescendre... plus bas que La Palud. Mais c'est aussi 22 km agrémentés de belvédères sublimes, encore plus impressionnants que ceux de l'autre rive.
Evidemment, j'aurais pu sortir le vélo du coffre à La Palud pour m'offrir une acension sifflotante, avec assez de place dans mes narines pour y mettre mes doigts, mais, je ne sais pas si je viole le 7ème commandement de vélocio, mon amour-propre (tant pis pour lui, c'est sa faute) m'a commandé de faire un boucle vraiment complète des Gorges du Verdon et de l'inclure dans une randonnée digne de l'age d'or du club.

Voilà pourquoi je suis là ce matin, roulant vers Aups pour affronter, en guise d'échauffement, le tout nouveau col de la Bigue (785 m). La montée qui, d'Aups, permet d'accéder au lac Sainte-Croix existe depuis la nuit des temps, mais le panneau, je vous le jure, est tout récent. Les spécialistes des 100 cols me diront s'il faut regravir un col avec la présence du panneau pour se l'attribuer.
La suite est bien connue de mes camarades du club : Aiguines, la montée courtoise mais ferme du col de Vaumale (1201 m), la succession de descentes, bosses et balcons, et constamment, le plaisir des yeux. Soucieux d'arriver à La Palud (au fameux carrefour) à l'heure du repas, je néglige les arrêts contemplatifs et photographiques. Je fais quand même une pause pain d'épice au tunnel du Fayet.

Après, c'est dit, je ne m'arrête plus avant la pause de midi, sauf pour enlever mon blouson quand j'aurai enfin chaud.
La circulation,assez faible, ne me gâte pas mon plaisir. Je croise peu de cyclos. Et tout d'un coup, beaucoup de monde. Je passe le pont sur L'Artuby comme si c'était un jour de marché. En fait, la seule boutique est un dispositif lourd de saut à l'élastique. Je ne sais si le spectacle est sponsorisé par Orange. En tout cas, je passe mon chemin, je n'ai aucun goût pour ces pseudo-suicides. La bosse de Saint-Maïmes (1001 m) ne me pose pas de problème, je suis dans les temps pour ne pas manger à Trigance, haut-lieu des agapes clubiques.
A Pont-de-Soleils, je suis redescendu au niveau du Verdon fluo. Je ne suis plus très loin de La Palud, et j'enlève enfin mon blouson ! Encore 2 bosses (la dernière, bien exposée au vent d'ouet) et, à 12h30, je parviens à l'endroit fatidique, la croisée des chemins. L'auberge des crêtes est vide de client mais ouverte. Mes compteurs m'indiquent 99 km et 2170 m de dénivelée ; ne vous en déplaise, j'ai mérité un restau et une longue pause d'une heure. Je m'installe sur la terrasse, au soleil, mais aussi un peu au vent.

Je n'ai pas craqué, j'ai pris la décision vertueuse, encouragé par 2 km plutôt descendants. Evidemment, peu après, cela se gâte. Vous comprendrez mieux en étudiant la carte et le profil ci-dessous :













Personnellement, j'estime que le morceau dificile se situe entre les km 3,5 et 7, du belvédère de Trescaïre à celui de la Dent d'Aïre. En tout cas, c'est là que j'ai mis le 30x26 et que je me suis traîné. A la dent d'Aïre, il y avait un comité d'accueil, un couple de cyclos probablement étrangers et un touriste motorisé qui les abreuvait de conseils... cyclistes. Je me suis écarté, un peu gêné, pour prendre des photos. Le couple est reparti avant moi. Quand je les ai rattrappés, la dame, très essoufflée ne m'a rien dit, mais le monsieur m'a dit "ponne roude". En échange, j'ai essayé de le réconforter avec des infos altimétriques rassurantes.
En descente comme en montée, les belvédères méritent pleinement leur nom, comme ne le montrent pas assez les photos merdiques de mon portable.




















Du haut de ces falaises, Il ne me reste plus que 80 km a accomplir. Le vent n'est pas favorable mais les Gorges Profondes vont me rendre leur dénivelée. Je suis optimiste.


Il est 15h05 quand je prends cette photo de la fontaine la plus haute.
Le vent d'ouest me contrarie quelque peu pour sortir de La Palud et franchir le col d'Ayen (1032 m). Avant de retrouver le tronçon de route de l'aller, je passe le pont à l'entrée des Gorges. C'est là que l'eau verte du Verdon devient turquoise et c'est là aussi que je retrouve une circulation plus intense.
Dans le revers de la Bigue, je rejoins un cyclo dont la progression me paraît de plus en plus surprenante, au fur et à mesure que je m'approche. Il lance son vélo à doite puis à gauche, à chaque coup de pédale, ce qui le fait zigzaguer sur une bande de près d'un mètre de largeur. Je comprends qu'il ne s'agit pas d'une lubie ou d'un coup de fatigue, mais sans doute d'un problème moteur. Je lui dis bonjour en passant et il me répond très aimablement. Cette étrange rencontre me touche et me confirme que le vélo est bon. Elle est aussi un signe qu'il ne faut pas trop penser aux limites.
A la sortie d'Aups, je prends à doite vers Pontévès. Comme prévu, je prends en pleine figure le vent d'Ouest, mais je suis toujours dans la redescente. J'enroule quand je peux.
18h00, la foire à la brocante de Barjols bat son plein. L'entrée du parking central est fermée. Heureusement pour moi, ce n'est pas le cas de la sortie.
Je n'ai plus qu'à remballer, me changer et m'insinuer dans le reflux motorisé dominical. Beaucoup de bouchons en perspective. Que m'importe, je suis bien dans ma fatigue.
















(*) PRS 11

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Le Mont Faron

5 Octobre 2009, 17:02pm

Publié par Van Wervein

Samedi 3 octobre.

Sur les 28 présents au café de Cuges, 10 vaillants guerriers se dirigent vers le Mont Faron.

Beau temps légèrement voilé et cuisant l’après-midi.

Repas au café de Châteauvallon rebaptisé le Baou, anciennement le Drop, où il a fallu faire taire Denis qui trouvait le rosé trop cher. Certes le fond de verre à 2€, cela semble cher mais je crois que c’était de l’AOC. Et de toute façon, nous sommes déjà interdits de séjour dans l’établissement de secours qui lui, ne fait que restaurant….   

 

Le col du Corps de Garde est toujours raide au démarrage même s’il figure parmi les plus jolis de la région. Je sens mes forces m’abandonner.

Il n’est pas prévu de faire des prisonniers, aussi Patrick G. et votre serviteur rentrent à la ramasse en direction de l’écurie.

 

17H00 : l’USAP souffre sur le terrain de Biarritz pendant que je m’étire voluptueusement sur le canapé. Une soupe, une prière et au lit !!!

 

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Salin-de-Giraud

5 Octobre 2009, 16:49pm

Publié par Van Wervein

Samedi 26 septembre.

Les moustiques nous sucent déjà sur le parking du Barcarin, lieu de passage obligé pour traverser le Rhône vers les Salins de Giraud.

Notre pèlerinage annuel en Camargue rassemble lui aussi 21 participants, mais avec quelques « extérieurs » il est vrai.

 

Après le rituel café, nous quittons les Salins par le nord pour rejoindre les rives de l’étang du Vaccarès. L’allure est pépère, pour ne pas dire de sénateur, sans doute nos vaillants vététistes ont-ils peur de la dénivelée à venir !

 

 Les naturalistes basiques que nous sommes remarquent les hérons cendrés ou pas, les aigrettes, les grues non urbaines (il faut réfléchir !) et autres flamants. Pour l’heure, nous rendons visite aux énormes carpes qui engloutissent voracement le pain jeté par les touristes du haut de la tour d’observation.

 

Cette année nous évitons les arènes Paul Ricard de Méjanes, ce qui nous permet d’arriver vers 11H30 aux Saintes Maries. Les clodos font leurs courses pour manger au bord de la promenade piétonnière du front de mer alors que la plupart s’installent à la terrasse d’un café. Pour un 2 octobre, il y a pas mal de monde dans les restaurants et dans l’eau ; il faut dire que nous devons taquiner les 30 degrés Celsius qui, ajoutés au 13° du Côtes du Rhône, nous donne environ 43°. Attention à l’hydrocution !  

 

Après la visite obligatoire à la Vierge Noire, la partie technique commence.

Là où les innombrables camping-cars ne passent plus, le royaume vttiste débute.

Le jeu consiste à rester le plus longtemps possible sur le vélo en traversant les bancs de sable. C’est « fun » et sans danger, mais il faut impérativement des pneus à crampons, n’est-ce pas Thierry ?

 

Nous croisons de nombreux collègues. Le phare de La Gacholle est atteint sans encombre. Encore un petit effort et nous voilà à l’embranchement de Bauduc où se régalent d’habitude les kite-surfs, mais aujourd’hui il n’y a pas un pet de vent.

Ici se séparent les caramels mous de leurs confrères durs (locution Bernardesque célèbrissime), ces derniers décidant brutalement de suivre Michel G. dans de folles aventures côtières, en poursuivant le tracé de la digue à la mer jusqu’aux Salins de Giraud. Il va sans dire que je me joins volontiers à ce groupe, d’autant plus que Max, notre capitaine de route s’enhardit.   

 

 

Michel crève sur un tronçon mal « pétassé » avec de grosses pierres qui n’ont pas été compressées par le rouleau. Nous arrivons à notre convivial bistrot une heure et demie après le reste de la bande. Double BBF bien méritée !

Total : 115 km, me semble-t-il et 9,32 mètres de dénivelée.

Nous traversons le Rhône avec le bac de 17H30….les moustiques nous attendent aux voitures.

 

A l’an que vén….

 

(Les photos sont rassemblées dans l'album Camargue 2009. Merci à Pascal G. pour ses nombreux clichés)

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La Colle-sur-Loup

5 Octobre 2009, 16:24pm

Publié par Van Wervein


Samedi 19 septembre.

La sortie vers Ste Maxime est coupée. Il tombe des cordes.

Je roule en code et antibrouillard. Par moments, je n’aperçois plus la C2 de Jacques et Christian.

 

Allons-nous juste, comme à Hyères il y a quelques années, participer au repas sans descendre les vélos des voitures ?

Ce critérium régional des cyclos ASPTT s’annonce plutôt mal.

 

Il pleuviote encore lorsque nous arrivons au VVF de la Colle sur Loup vers 17H00. L’accueil est bien organisé malgré les faibles effectifs de la section cyclotouriste de Cagnes sur mer. Comme vous le savez, les cyclistes sont volages ; aussi les couples se font et se défont au gré des séjours et au hasard des chambres disponibles.

Toujours est-il que les appartements (équipés s’il vous plaît) sont spartiates mais spacieux et qu’ils permettent sans problème d’héberger nos montures.

 

Il y avait longtemps que je n’avais pas bu du muscat de Rivesaltes ; Jean-Michel, le catalan qui roule pour Sète, nous en à donner l’occasion. Dommage que l’ami Denis, copain commun, n’ait pu se joindre à nous.

 

Le repas est simple et efficace, ce qui facilite la promenade digestive dans le quartier piétonnier de la Colle sur Loup. Toujours par charité chrétienne, je ne citerai pas les petits malins qui ont préféré rejoindre les « balletis » et les aficionados du parquet ciré.

 

 

Dimanche 20 septembre.

Le petit déjeuner est une âpre lutte pour l’accès aux distributeurs automatiques de boissons chaudes et autres jus de fruits.

 

Pendant ce temps-là, le comité de salut public s’est réuni et a décidé d’imposer le grand parcours (65 km peuchère !) à notre Jeannot Occelli, qui aurait peut-être préféré accompagner Noëlle sur le parcours moyen…..mais la victoire est à ce prix-là !

 

Le parcours initial prévoyait le col de Vence mais les sévères intempéries ont ruiné les prétentions des organisateurs. Nous remontons donc les gorges du Loup sous un ciel miraculeusement dégagé. Il convient ici de rendre hommage à la météo (en ce qui me concerne le canal 85 sur le câble) qui avait prévu un créneau relativement clément le dimanche matin.

 

Une halte photos devant une magnifique cascade nous autorise un léger répit car la pente est  soutenue vers Bramafan. Désormais une solide montée nous attend pour rallier le village perché de Gourdon. Il fait frais ce matin, et je m’imagine quelques jours plus tôt en train de grimper cette dizaine de kilomètres où l’ombre est rare ; d’ailleurs le ravitaillement est idéalement placé pour les étourdis de mon genre qui ont oublié leur bidon à Massilia. Ce pré anodin est pourtant admirable pour sa vue magique sur l’arrière pays de Cagnes et la Méditerranée.

 

Vamos car nous n’avons pas que ça à faire, même si le plus dur est fait.

Nous filons bon train et groupés, sur cette magnifique descente vers Bar sur Loup où nous croisons désormais nombre de cyclistes dont pas mal de couples….

 

Quelques bosses anodines se glissent dans la longue culbute qui nous ramène à Pont du Loup puis Tourettes et Vence parmi les populaires marchés provençaux que savait si bien nous chanter Bécaud. Heureusement le fléchage est parfait, de plus les organisateurs nous avaient alertés au sujet de quelques aiguillages et autres ronds-points délicats. Nous arrivons sans encombre et largement dans les temps au VVF.

 

Le temps de prendre une bonne douche, d’absorber une BBF (voir les nombreux compagnons initiés) bien méritée et nous voilà rendus à la cérémonie des récompenses : nous remportons le classement combiné kilométrage/participants avec 21 éléments et des bons comme dirait l’ami Léon !

D’autre part nous avons le bonheur de rendre la coupe du challenge d’HERBES, salut Auguste, car nous finissons deuxième derrière les heureux gagnants de Carpentras.

 

Pour conclure, il y avait 140 cyclos plus les accompagnateurs et 11 ASPTT représentées. Comme d’habitude, les absents ont eu tort puisque les Dieux momentanément cléments, nous ont permis de rouler dans une fort belle contrée sans parler de l’ambiance très conviviale qui régnait entre tous.

 

Merci aux cyclos de Cagnes sur mer pour leur accueil et leur efficacité.

L’an prochain, c’est le tour de Carpentras…




























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