Le Deuxième Jour
Tout au long de la matinée, nous avons bénéficié d’une agréable fraicheur, à commencer par de charmantes gorges aux noms charmants : défilé de la Pierre Lys, Trou du Curé (selon Noël, le régional du weekend) et Gorges de l'Aude.
Puis col de Jau ponctué d’un menhir et de vaches particulièrement chevelues. Un arrêt pour les photographier, et voilà que la meneuse du groupe traverse la route droit vers moi. Nous nous figeons, les yeux dans les yeux et le temps s'arrête, comme à Rennes-le-Château. Heureusement, Nadine vient débloquer la situation en traversant le troupeau à vive allure. Comment cela va-t-il finir, je suis effrayée. Heureusement, l'animal aussi : il s'enfuit tout tremblant. L'ascension peut reprendre, toujours en bonne compagnie et nous conduit à un sommet avec tout ce qu’il faut d’alpages et de forêts. Pas vu le temps passer.
A l’heure du repas, nous avons la chance de nous trouver précisément à Mosset, village qui ne manque pas d’atouts : une fontaine fraîche joliment décorée par les enfants de l’école communale, une cactée fascinante et surtout un bistrot de village bio qui de plus propose une savoureuse alternative végétale au plat du jour très chargé en cochon.
Après le repas, changement radical : le paysage devient méditerranéen, le climat aussi mais sans l'influence adoucissante de la mer. Dans ces conditions, plus d’un aura vu un G à la place du J du col de Roque Jalère (excellent calembour de Moutmout). Mais heureusement pour moi, c’est l’heure de la digestion ; montée en bonne compagnie, pas vu le temps passer.
Puis sonne l’heure redoutée du dilemme : d’un côté trois bosses modérées, de l’autre le col d'Aussières en 13km de route plus bucolique. Je choisis les trois bosses et pars aussitôt pour les 13km. Solidarité du groupuscule qui tout au long de cette ascension saura adapter son allure pour permettre à chacun de ses membres de monter en bonne compagnie.
Après la descente et une très longue attente, il faut se rendre à l’évidence : la prudence bien connue de Jipi ne peut expliquer un retard aussi conséquent. Nous apprendrons bien plus tard, lorsque la communication téléphonique sera rétablie, qu’il a cassé une pédale (le retard étant dû à des tentatives infructueuses de réparation). Cela ne l’empêchera pas de parcourir les kilomètres restants en s’aidant de l’axe resté en place et lui ménagera par la suite une belle surprise qu’il vous racontera lui-même.
Mais le point culminant de la journée est encore à venir : c’est le Cassoulet, dont Denis a reçu plusieurs photos. Sans parler de la fête celtique qui a vu bon nombre de nos vaillants cyclos effectuer des bonds endiablés sur la piste de danse jusqu’à point d’heure, après deux jours à plus de 2500m de dénivelée. Quelle santé !